lundi 14 avril 2014

Lame de corsaire : il faut se méfier de l'eau qui dort


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"Le Pirée, mars 1774 ; La frégate française Scylla embarque une cargaison précieuse : de l'or, des armes, deux mystérieuses passagères pour l'Amérique, ainsi qu'un cadeau des Turcs pour son capitaine, Eric van Stabel, la vieille lame d'un corsaire algérien. Le voyage commence sous de funestes auspices : deux navires de guerre anglais prennent en chasse le Scylla, et l'un des matelots du vaisseau français meurt dans d'étranges circonstances. Et comme si ces malheurs ne suffisaient pas, d'effrayantes rumeurs courent parmi l'équipage : à chaque escale du Scylla dans les ports de Méditerranée, une femme serait assassinée, et le diable aurait élu domicile à bord. Au coeur de cette tourmente, van Stabel charge les enseignes Christian de Saint-Preux et Georges Verlanger, deux jeunes officiers intrépides, de mener l'enquête. Ceux-ci auront fort à faire pour dénouer l'écheveau et survivre aux combats navals imposés par l'Anglais. Une vérité se dégage peu à peu : les secrets des marins sont aussi mortels que les boulets de canon..."

J'avais acheté ce roman il y a deux ans pour mon père, qui l'a dévoré. Au début du mois, je le lui ai emprunté. Et j'ai adoré aussi ! Lame de corsaire est une incroyable plongée en arrière, au gré du vent et des vagues parfois terribles.
J'avoue m'être un peu perdue au début avec les termes techniques (je ne suis pourtant pas novice !), mais l'auteur a constitué une annexe très précise sans pour autant détailler à l'extrême (jusqu'à ce qu'on n'y comprenne plus rien, quoi). J'ai donc pu rattraper mon retard plutôt vite et avec assez d'aisance pour savourer entièrement le texte. Une intrigue policière (un meurtre) au beau milieu de la mer. Des cadavres, des rebondissements, des batailles navales (j'adore les batailles navales sauf en jeu). Il y a de l'humour, de l'action, un bon jeu entre les personnages (oui, un bon jeu, comme dans les séries TV tellement on s'imagine bien les scènes grâce aux descriptions de l'auteur). J'ai apprécié les protagonistes, de la femme hautaine qui s'achète un semblant de cœur en cours de route à l'amoureux transit qui cherche ses mots.
Ce roman est criant de vérité et donc dur dans le réalisme. Je l'ai dévoré en trois soirées. Trois soirées de pur bonheur !
Seul point négatif que je soulèverai ici (mais je ne suis pas experte dans le domaine de la science légale) : c'est le côté police scientifique en plein 1774. J'ai tiqué à deux reprises, tant ça me paraît inconcevable que de telles déductions aient pu être faites à l'époque (je ne vous dirai pas à quels endroits, évidemment : chronique sans spoilers, comme toujours).
Georges sourit. Le soleil se levait, inondant le vaisseau d'un or étincelant. L'aspirant aimait le moment où le navire prenait de l'erre, lorsque la coque grinçait et grognait, quand l'étrave s'ouvrait un chemin dans l'écume des flots.
Ma note : ★★★★★ MENTION COUP DE ♥

Lame de corsaire - Nicolas Cluzeau - roman - Gulf Stream - 13,50€