mardi 15 avril 2014

Parce qu'il fallait bien "Daddy" pour me remettre au fantastique

Je vous en ai parlé la semaine dernièreDaddy est ma première nouvelle fantastique que j'ai pensé autrement. Avant, j'avais un modèle. Plus maintenant. Et j'avais envie de créer un personnage vraiment impliqué par des apparitions, pas de me contenter de quelqu'un qui enquête, qui cherche à comprendre, mais finalement d'extérieur. C'est difficile à expliquer ; je crois qu'il faut lire le texte pour comprendre tout à fait.
Dans Daddy, Magdalen vit les phénomènes de l'intérieur plutôt que de juste vivre avec. Elle a eu une enfance chaotique avec son père qui la battait. Et c'est ce père - on suppose - qui revient la hanter. Magdalen est donc confrontée à son propre passé, à ses propres peurs, ce qui, à mon sens, est plus terrifiant que d'affronter un fantôme avec lequel on ne partage pas plus qu'une maison.
J'ai adoré écrire Daddy. Il casse les dogmes que je m'imposais. Je n'avais ni plan ni idée de la fin ; j'ai improvisé tout du long. Et à la première relecture, j'ai reçu une jolie claque. Daddy était meilleure que mes précédentes nouvelles, pourtant pensées, réfléchies avant de les écrire. L'impro a parfois du bon. Là, je suis partie d'un prénom et d'une situation : des bruits de pas juste au-dessus de notre appartement.
Magdalen est le genre de personnage féminin que j'aime décrire. Elle n'est pas plus forte qu'une autre, je ne parle ni de sa beauté ni de son intelligence. Mais elle a des yeux qui voient le monde différemment. Je ne l'accable pas de mille maux - un seul suffisait - pour la rendre plus intéressante ou plus profonde. Et je ne m'attarde pas sur ses ressentis d'enfant, mais d'adulte. Car c'est la période qui m'intéresse : son rapport au passé qui, inévitablement, a forgé l'adulte qu'elle est devenue. Magdalen a une personnalité complexe, et je pourrais écrire un roman entier sur elle et sur son histoire, mais ça briserait le lien qui m'unit à elle et l'intérêt de la nouvelle aussi.