vendredi 4 juillet 2014

Ce besoin d'écrire dans l'urgence

C'est mon problème majeur : je ressens toujours ce besoin d'écrire dans l'urgence. Dès qu'une idée tombe, il faut qu'elle sorte. J'ai toujours peur d'oublier ou que la magie parfois instantanée diminue avec le temps. Alors je me lance dans le projet. Puis vient une autre histoire, et rebelote. Ça commence à devenir envahissant vu que je fourmille d'idées. J'ai un tableau qui récapitule tout pour ne pas faire deux fois la même chose. J'ai une liste de prénoms qui vont bien ensemble parce que j'aime les couples/duos. J'ai de quoi écrire pour plusieurs années, c'est ce qui me rend si impatiente. C'est ce qui crée l'urgence.

J'ai un gros chantier qui m'attend, avec voyages dans le temps, sujet délicat et méchants-vilains-pas-beaux vraiment pas beaux. J'ai rêvé d'une scène et me suis réveillée complètement chamboulée. J'ai réfléchi sur la manière dont je réagirais si j'étais à la place de mon personnage, j'ai regardé mon Zniak et j'ai choisi l'option égoïste. Mon perso, tout pareil. Option égoïste avec les complications qui vont de pair. J'ai eu mal au cœur pour lui. J'ai vécu sa douleur comme s'il s'agissait de la mienne. Vraiment. Pour le moment, je fais des fiches, je dresse des portraits, détaille au maximum car je sais que cette histoire va être compliquée à mettre en place et qu'elle va me prendre aux tripes. Je réfléchis aussi au format idéal pour le récit : ce sera une websérie, mais j'hésite quant au nombre d'épisodes. En tout cas, et c'est une première pour moi, j'attendrai d'avoir tous mes résumés pour me lancer. Une fois encore, ça a été urgence vs bien du récit. Et le second ne l'emporte pas forcément, ce qui explique certaines corrections infernales pour moi (ou l'art du pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué). Ça va être coton, moi je dis.

Je n'aime pas faire les choses à moitié ; je ressens ce que ressentent mes protagonistes, je me mets à leur place. C'est un peu comme si j'avais plusieurs vies. Et au bout du compte, ça fait un joyeux bordel. L'urgence vient aussi de là, des émotions de ces êtres de papier qui déteignent sur moi sans que je m'en aperçoive. Chaque écrivain vit l'écriture à sa manière. Moi, c'est intensément. Avec toujours ce pincement au cœur quand il faut écrire le mot FIN. Avec toujours cette habitude de me substituer aux personnages et de les réduire en miettes. À chaque fois, c'est un peu de moi qui part avec eux, qui ramasse les morceaux. Je ne voudrais pas m'accrocher à un personnage plus qu'à un autre et garder son image en tête de peur de reproduire son histoire. Un récit doit être unique, alors j'écris vite et fais table rase ensuite.