vendredi 5 septembre 2014

L'intérêt de laisser reposer un texte

Cette semaine, deux de mes textes m'ont démontré l'intérêt de les avoir laissés reposer, l'un pendant quelques jours, l'autre pendant des mois. Une nouvelle pour le premier et un roman pour le second.
J'ai posté la nouvelle sur CoCyclics parce que je sentais qu'elle avait du potentiel (les grenouilles me l'ont confirmé). Sauf que le format que j'ai choisi est un poil plus difficile que ce que j'imaginais, alors il a fallu faire pas mal de réajustements, notamment au niveau de la fin un peu abrupte. J'avais plutôt bien préparé le terrain pour la conclusion, mais les explications n'ont pas suffi. Elles étaient peu fournies.
Pour le roman (Faiseur de rêve), le souci principal vient de la structure et de certaines descriptions. Il y a quelques mois, j'ai survolé les commentaires de mes bêta-lectrices avant de les relire minutieusement. Il n'y a pas une montagne de boulot, loin de là, mais je ne me sentais pas d'attaquer comme ça. J'ai attendu. Aujourd'hui, le manuscrit m'en remercie et je m'en remercie moi-même parce que tout est beaucoup plus clair qu'en mars-avril. L'ensemble me semble moins insurmontable, mes idées se sont précisées avec le temps sans que je m'en rende compte. En parallèle, j'ai aussi établi un plan de bataille.
Il n'y a pas de secrets : apprendre à s'aménager du temps, à s'imposer une auto-discipline, à penser avec rigueur et objectivité. Avec les années, j'ai compris que ça ne servait à rien de corriger un manuscrit dans la foulée. Prendre du recul est un mal nécessaire : il faut laisser l'histoire reposer. Alors depuis, j'applique ma méthode "pâte à pain" : je me fixe un délai d'attente pour reprendre dès que je m'en sens prête et capable.

Travailler dans la joie et la bonne humeur
Comme écrire, corriger devrait être un plaisir. Chez certaines personnes, c'est inné. Chez la plupart, la correction équivaut à une corvée dont on se passerait bien. Et j'ai envie de dire que tout ou presque est question d'humeur. Beaucoup d'a priori circulent sur le processus de corrections (éditoriales ou non) : casse-tête chinois dans certains cas où l'histoire est d'une complexité sans pareille, ras-le-bol général à force de relire la même chose... Notre manière d'aborder le problème est importante : éviter le pessimisme, essayer de positiver, ne pas se dire qu'on n'y arrivera pas. Et surtout se faire sa propre idée de la question sans oublier que chaque cas/manuscrit/auteur est unique.
Depuis quelques temps, je prends plaisir à corriger. C'est une bonne occasion de replonger dans une histoire que l'on a aimé écrire, d'avoir quelques fous rires en relisant ses âneries, de redécouvrir ses personnages. Pour l'instant, je n'ai pas été déçue par ma technique mais tout dépend des caractères, des conditions de travail, de la personnalité...

En parlant de conditions de travail

Holly Bruce - desire to inspire - desiretoinspire.net

Certains ne supportent pas de travailler au milieu des enfants qui font la sieste et qui sont susceptibles de se réveiller n'importe quand alors que d'autres ont besoin d'agitation pour bosser. Encore une fois, tout est question de caractère, d'habitude. S'aménager un emploi du temps pour corriger ne signifie pas se couper du monde et abandonner la petite famille. L'idée est de respecter son planning avec rigueur et de ne surtout pas procrastiner (il n'y a rien de pire pour tuer la motivation). En faire plus un jour et moins le lendemain ? C'est vous qui voyez. Personnellement, je reste sur la même base tous les jours pour garder le rythme. Se mettre en avance c'est bien, mais rien ne garantit que ça n'achèvera pas notre motivation le lendemain. La régularité m'évite ce genre de souci et m'a permis d'évaluer mes limites (même si on aime corriger, au bout d'un moment, stop).

Malgré tout, se ménager
Une pause occasionnelle n'a jamais tué personne (du moins, je ne crois pas), alors quand vous sentez la fatigue/lassitude/autre monter, un café, un thé, du chocolat et on y retourne ! Rien ne vous empêche de boire et de grignoter pendant que vous travaillez, même si le grignotage peut-être considéré comme une distraction. Mais tant que vous ne perdez pas vos objectifs de vue, vous devriez y arriver. Rappelez-vous que Rome n'a pas été bâtie en un jour (en revanche, il n'a pas fallu plus d'une semaine pour la ravager presque entièrement ; déduisez-en qu'un rien peut réduire à néant des mois de boulot et des tas d'ambitions). Allez-y étape par étape, fixez-vous des paliers avec pourquoi pas une récompense à clef. Essayez de ne pas vous arrêter en plein milieu d'un chapitre, ça vous aidera peut-être. Comme disait toujours mon prof de philo, ne confondez pas vitesse et précipitation.