vendredi 21 novembre 2014

"Les Naufragés de la Cité d'Or" : les absents ont toujours tort

Le 25 décembre 1492, après deux mois de navigation dans la mer des Caraïbes, le navire amiral de Christophe Colomb la Santa Maria s'échoue sur un récif, à quelques encablures de l'île d'Hispaniola (Haïti). Faute de place sur les deux autres navires, la Pinta et la Nina, Colomb décide de construire un fort et de laisser sur place, avec des vivres, 39 marins volontaires. Il leur promet de revenir moins d'un an plus tard. Fidèle à son engagement, il est de retour en novembre 1493, mais il ne retrouve qu'un fort détruit, quelques cadavres, et aucun survivant. Exaspérés par les exactions d'une partie des marins naufragés, les Indiens auraient fini par se rebeller et les massacrer... Pourtant, une rumeur dit que deux marins se seraient enfuis, avec une indienne, vers le Continent, à la recherche de la mythique Cité d'Or...

Encore un livre que j'ai dévoré. Merci à Masse Critique et Babelio d'ailleurs. Les Naufragés de la Cité d'Or est un roman jeunesse fascinant avec tant de détails qu'on s'y croirait. J'ai noté de la rigueur dans les descriptions, dans les illustrations (très beau travail !), du soin dans la présentation. C'est un très beau livre et objet dont on prend plaisir à tourner les pages. J'ai apprécié les bouts d'illustration dans l'angle supérieur de certaines d'entre elles, annonciateurs d'illus hautes en couleur.
Le récit est palpitant, bien ancré dans l'Histoire (Christophe Colomb, empire aztèque, invasion espagnole...) : on sent un important travail de recherche en amont de la part de l'auteur. Mais l'aventure mêlée à l'exotisme ne comblent pas quelques "lacunes". En effet, une poignée de répétitions et de termes techniques viennent ralentir la lecture (tout le monde ne sait pas ce qu'est un timonier et l'absence de lexique/note de bas de page oblige le lecteur à sortir le dictionnaire). Néanmoins, connaissant les termes marins, ça ne m'a pas dérangée et j'ai même trouvé ça ludique. Second point : rien n'est caché à nos jeunes lecteurs. L'auteur raconte les horreurs commises par un groupe d'espagnols rebelles et mentionne les viols à répétition sur les indiennes qui les accueillaient jusqu'alors comme des dieux. D'un côté, ce n'est pas plus mal d'essayer de toucher les enfants à ce genre de dérives/abus le plus tôt possible, de leur expliquer que ce n'est pas normal et qu'il ne faut pas répéter ces actes plus tard. Mais j'imagine bien les parents tenter de répondre aux questions dites sensibles (c'est le job des parents en même temps, hein) face à l'incompréhension possible de leurs petites têtes blondes (le bouquin est indiqué "8 ans en lecture aidée", ça me paraît jeune mais je ne suis pas mère donc je fais peut-être fausse route).
Globalement, en tant qu'adulte, j'ai pu apprécier l'œuvre à sa juste valeur. Elle est très complète, riche et annonciatrice d'un tome 2 tout aussi intéressant.

Ma note : ★★★★☆

Les Naufragés de la Cité d'Or – Jean-Sébastien Blanck – roman jeunesse – Alzabane éditions