mardi 11 novembre 2014

NaNo 2014 : checkpoint II

Je continue sur ma lancée et me voilà avec un peu plus de 20000 mots au compteur, soit presque un sixième de L'homme qui voulait mourir. Dis comme ça, j'ai l'impression que ça n'avance pas. Pourtant il se passe plein de choses, les connexions entre les personnages se mettent doucement en place. Il y a eu un peu de space op (cf. l'extrait ci-dessous), de la bagarre dans une grotte, et je peux vous garantir que ça barde.

Source : etsy.com


J'imaginais la relation Eie/Thellan (sœur et frère) plus chaotique à écrire. Ils sacrifieraient chacun leur vie pour l'autre, mais ne ratent jamais une occasion de laisser s'exprimer leur colère mutuelle. Des actes terribles ont été commis par le passé. Ce ne sont pas des émotions faciles à écrire, pourtant ça va presque tout seul dans leur cas. Ils ont cette force en eux, et cette fierté, qui me facilitent bien les choses. Sur les 10000 derniers mots, j'ai surtout travaillé leur duo, tout en nuances. Ils sont pas mal du genre "je t'aime moi non plus".
Place à l'extrait.

La sirène d'alarme du vaisseau vrilla les tympans d'Eie. Agrippée à la manette de pilotage, elle tentait de redresser l'imposante structure. Plusieurs dizaines de tonnes de métal et à peine quelques minutes pour manœuvrer. L'agent gouvernemental n'y voyait rien ; Obodan ressemblait à une boule brumeuse depuis l'espace. Un choc violent ébranla la coque. Un tir venait de descendre les moteurs auxiliaires, dernier espoir d'Eie. Elle dégagea une mèche de cheveux roux collée à son front couvert de sueur et se concentra. Le moteur principal avait lâché, ce qui rendait la chute inévitable. Elle crispa la mâchoire. Les muscles du bras bandés à l’extrême, elle ramena la manette vers elle. L’appareil vrombit : il entrait dans l’atmosphère à une vitesse vertigineuse. Eie se rua sur la radio et se brancha sur les haut-parleurs, qui couvraient l’ensemble de l’engin spatial.
— On abandonne le navire ! s’écria-t-elle. Je répète : on abandonne le navire !
Elle se tourna vers la porte, jeta un coup d’œil dans le vide. Elle avait encore le temps. En courant vite. Peut-être. Elle s’élança, franchit le seuil du cockpit et remonta l’allée centrale à perdre haleine. Ses chaussures martelaient le sol et sa respiration marquait un rythme effréné. Il lui restait cinq minutes à tout casser. Le hangar à navettes se situait à l’autre bout du vaisseau, deux niveaux en dessous. Eie accéléra l’allure. Une ouverture à droite, vers la cage d’escalier. Une main glissant sur la rampe, elle dévala les marches jusqu’à la soute, vaste espace dans un coin duquel on entreposait les navettes. Trois minutes. Eie traversa l’étendue déserte. Son pouls cognait contre ses tempes, ses poumons brûlaient. Un florilège de réflexions sourdait comme une tempête sous son crâne. Elle se hissa sur l’aile du premier appareil. Une douleur lui laboura soudain la jambe et la ralentit. Eie surmonta la souffrance bien que celle-ci gagnait du terrain. La paume plaquée sur la cuisse pour canaliser la sensation de brûlure, elle posa un pied puis l’autre dans la cabine et se laissa glisser sur le siège inconfortable et froid. Elle enclencha un bouton disposé à côté des commandes. La vitre qui rehaussait la navette commença à se rabattre.