mardi 4 novembre 2014

NaNo 2014 : checkpoint

J'avais dit un checkpoint par tranche de 10000 mots, alors me voilà.

Mes premières impression pour ce quatrième jour de mon quatrième NaNo... CREVANT. Ce roman est crevant. J'ai donc décidé d'aménager un peu plus de temps pour moi. Pas tant pour casser l'éventuelle routine, plutôt pour marquer un décalage avec mon nanoroman. Même si je m'attendais à cet "effet secondaire", c'est vraiment différent quand l'idée quitte l'esprit pour apparaître sur le papier. Finalement, j'ai été bien inspirée en donnant naissance à ces personnages. En feuilletant Écriture de Stephen King que j'ai reçu hier, je suis tombée sur une phrase à propos de Carrie, où il écrivait que renoncer à un projet parce qu'il nous touche trop psychologiquement parlant est une erreur. Je ne peux que dire que je teste et que j'approuve en ce moment même ! Si j'avais envoyé Thellan et Aiden dans un tiroir, je ne vivrai pas ce que je vis en ce moment. Couplé à l'émulation générale que suscite le NaNo, je prends vraiment mon pied même si certains passages sont difficiles à écrire ou à relire.

Ça devient limpide entre Thellan et Aiden. Je pensais rencontrer quelques problèmes de connexion concernant les débuts de leur relation. Aiden commence le roman dans un état lamentable (l'homme qui veut mourir, c'est lui), mais il est plus fort que je me l'imaginais et il affronte bien la réalité grâce à Thellan justement.
Ce chantier, en plus de me donner une grande claque, vient de m'apprendre quelque chose de primordial à mon écriture : mûrir mes projets pendant des mois s'il le faut, et ne pas me jeter à l'eau même si j'ai un synopsis. Bien. Voilà. Comme quoi, on n'en finit jamais d'apprendre sur soi-même et sur ses techniques. J'ai préparé L'homme qui voulait mourir pendant des mois (j'y travaillais depuis juillet). Je suis allée jusqu'à en rêver et à me réveiller en pleine nuit, troublée par certaines scènes. 

Ces préparatifs me permettent aujourd'hui d'emprunter la bonne direction. Je connais mon duo principal sur le bout des doigts et quoi qu'il fasse, je peux improviser au cas où ; je sais ce qu'il convient de leur faire dire, quelles réactions leur attribuer. La justesse de leurs sentiments me surprend d'ailleurs. Chez moi, ça coule souvent de source tant que l'idée reste au stade de phase immatérielle. Ici, j'arrive à retranscrire les émotions et à les rendre plus vraies que tout ce que j'ai écrit jusqu'à présent, tous genres confondus. Je pense que la séparation des points de vue en chapitres aide beaucoup.

Je vous mets un petit extrait pour le plaisir. Il s'agit de l'ouverture.

Ormort et sa puanteur légendaire, ses rangées de containers rouge vif, son sable à perte de vue... Quand il quitta sa navette et posa les pieds sur le sol de cette planète garde-meubles, Thellan Haris Boer poussa un soupir. Il faisait une chaleur à crever sous son long manteau ocre. Un vent sec lui irrita le visage et chassa les rares nuages immaculés. Pas l'ombre d'une averse en vue. Dommage. Boer aurait nettement préféré patauger dans la boue jusqu'aux genoux plutôt que de se farcir un soleil de plomb. Il s'essuya le front d'un revers de manche avant d'entamer ses recherches. Son capteur de points thermiques, objet grossier à peu près de la taille et forme d'une brique mais noir, détectait une présence deux allées plus loin. Avec un peu de chance, l'appareil ne se trompait pas. Thellan l'avait déjà bidouillé pour qu'il cesse de recevoir les interférences radio ; il espérait que cette fois serait la bonne. Il n'avait nulle envie de retourner chaque centimètre carré de ce cimetière sableux. Ce qui rejoignait son second souhait : que le capteur n'indique pas une source tiède, un cadavre encore tout frais par exemple. Ses employeurs s'étaient montrés clairs : Aiden Jaril devait respirer ou ils annulaient le contrat. Boer se gratta la barbe d'un air pensif et s'engagea dans la voie centrale. Ses grosses bottines lacées en cuir soulevaient de petits nuages de poussière à mesure qu'il avançait. Il songea à son soulagement en apprenant qu'il ne travaillerait pas dans ce trou à rat. Ormort avait accueilli, quatre ans durant, des prisonniers de guerre de tous horizons enfermés les containers. Officiellement en tout cas. Car Thellan savait de source sûre qu'au moins l'un d'eux n'avait rien à voir avec les conflits, si ce n'était qu'il sauvait des vies sur le champ de bataille. Et quand l'homme parlait de source sûre, il pensait au gouvernement d'Iv-ehl qui l'engageait, à sa sœur Eie en particulier.
Et n'hésitez pas à jeter un coup d'œil à la page du roman sur le site du NaNo.