samedi 7 février 2015

Écrire son synopsis

Il existe en fait deux types de synopsis (ou deux fois plus de raisons d’en chier).


1. Synopsis de soumission

Synthétiser en fournissant à l’éditeur toutes les clefs de l’intrigue

Vous avez terminé, relu, corrigé, re-relu votre manuscrit, il est beau, il est prêt et n’attend qu’à finir sur les bureaux d’éditeurs. Encore une petite chose avant de vous emballer. Quand je dis petite chose, vraiment, croyez-moi, c’est trois fois rien. Blague à part. Le synopsis de soumission (ou comment flinguer style, effet de surprise et intrigue) vous pourrira la vie. Si tous les éditeurs ne l’exigent pas, certains ne jurent que par lui.
Comme pour le synopsis de travail, vous pouvez utiliser la méthode du flocon comme base (on y reviendra). En règle générale, le QQOQCP fonctionne plutôt bien aussi. Si votre roman ouvre une tri-quadri-penta-(plus ?)logie, une mise en contexte peut s’avérer utile (j’en reparle plus bas et ça aide pas mal aussi pour présenter les webséries (testé et approuvé !).


L’idée d’un syno de soumission est de synthétiser en fournissant à l’éditeur toutes les clefs de l’intrigue :
  • n’omettez rien ;
  • allez à l’essentiel (ciblez les actions déterminantes) ;
  • concentrez-vous sur les personnages qui ont le plus à perdre (la méthode du flocon devrait vous y aider) ;
  • exit style et effet de surprise (je le répète pour que ça rentre bien : en tant que membre de comités de lecture, il m’arrive de lire de véritables horreurs) : « Par une belle après-midi d’août 1991... », vous oubliez. « Août 1991... » Point.
Pour l’instant, l’éditeur se moque de votre patte littéraire ; il veut savoir si l’histoire tient la route. Si tel est le cas, il se penchera sur votre manuscrit où vous vous êtes (normalement) paré(e) de votre plus belle écriture.

Par où commencer ?

Par le commencement pardi ! Basez-vous sur votre texte et suivez ses étapes. S’il commence avec Truc, n’attaquez pas le synopsis en parlant de Bidule.
Déterminez :
  • les protagonistes importants ;
  • les actions clés nécessaires à la compréhension de l’intrigue.
Le synopsis de soumission, c’est un peu Massacre à la tronçonneuse. Taillez dans le gras. Il s’agit sans doute de l’étape la plus exaspérante/ingrate/chiante du processus, mais vous y verrez plus clair une fois le travail haché.

2. Synopsis de travail

Quelle utilité ?

Le synopsis de travail sera votre boussole dans un labyrinthe d’idées. Si vous fonctionnez dans le bon sens, vous avez pris des notes avant de vous lancer. Vous connaissez au moins les grandes lignes de votre intrigue, vous savez de quoi vous partez et où vous arriverez (à peu près). Le cas échéant, mûrissez votre projet.
Le syno de travail ne s’adresse pas qu’aux apprentis écrivains ni aux aspirants. Loin s’en faut. Le jour où vous élaborerez une intrigue complexe, vous serez sans doute ravi(e) d’avoir bossé sur une base solide avant d’écrire et de perdre un temps fou en recherches/incohérences/autres joyeusetés interminables.
Vous l’aurez compris, cette étrange bestiole peut vous faire économiser des heures sur un travail qui finira à la poubelle, qui vous écœurera de l’écriture et vous donnera envie de fracasser votre crâne contre un mur. Plutôt que de foncer tête baissée, anticipez et employez votre énergie à une bonne préparation.

Par où commencer ?

C’est là qu’intervient la méthode du flocon dans toute sa splendeur.
Pour simplifier :
  • résumé ;
  • contexte de base/péripéties principales/dénouement ;
  • fiches personnages ;
  • développement du résumé en une page minimum : normalement, vous tenez là de quoi travailler votre syno de soumission (d’une pierre, deux coups !) ;
  • description : une page par personnage principal/une demi-page par personnages secondaires ;
  • développement du synopsis : vous passez d’une page à quatre ;
  • fiches personnages plus détaillées ;
  • découpage du roman en scènes : Excel, yWriter ou tout autre logiciel d’écriture/tableau est votre ami.

Pour les étapes en long, en large et en travers, [EC] a fait ça beaucoup mieux que moi.

Vous tenez désormais toutes les clefs en main pour plancher sur vos synopsis, quels qu’ils soient. N’oubliez pas que dans l’un comme dans l’autre, la clarté est essentielle.

Prochains articles : "[j'ai testé] Pocket" / "L'intérêt d'écrire court pour un auteur" (sur le blog de Mademoiselle Cordélia).