vendredi 6 mars 2015

"Marvin" saison 1 : un poinçonneur pas comme les autres

D’un côté, y a Marvin, un jeune gars qui pète un câble, un jour, dans l’métro. Et qui bute un mec parce que ce mec s’est assis sur lui sans s’excuser. La fois de trop, quoi. Genre la goutte d’eau qui fait déborder l’vase. Du coup, ça lui donne des idées. Radicales et extrémistes. Alors ce crime promet d’être le premier d’une longue série. D’un autre côté, y a Miles. Ex-flic, aujourd’hui alcoolo, dont la femme s’est sauvagement fait assassiner quelques années auparavant. Mais il garde ses entrées dans son ancien commissariat. Et le chef le rappelle, quand le tueur du métro fout le bronx dans Paris. Au fond, Marvin et Miles se ressemblent. Aussi écorchés vifs l’un que l’autre, aussi névrosés, chacun à sa manière. Difficile de dire lequel des deux est le plus abîmé, lequel est le plus cinglé, lequel traîne les plus sombres secrets. Difficile de prévoir ce que va donner le face-à-face final. Parce que, ouais, bien sûr qu’il va y avoir un face-à-face final. Quand Miles aura fini de traquer Marvin. Un petit conseil : si vous prenez l’métro, bousculez pas Marvin.

Alors en effet, il n'est pas commode le Marvin. Ni Miles d'ailleurs. Sauf que quand la quatrième de couverture dit que finalement ils se ressemblent, je ne pensais pas que ce serait à ce niveau ! C'est là le premier point noir de cette saison 1. Un langage familier et une obsession qui semble sans limite les rend plus similaires qu'il n'y paraît au début. Un peu trop similaires même, c'en est parfois à se demander qui s'exprime. Si l'un n'était pas le tueur en série et l'autre l'ancien flic, s'il n'y avait pas d'un côté le gars du métro et de l'autre le pilier de comptoir, rien, absolument rien ne les différencierait. Et c'est bien là le problème majeur que j'ai ressenti : pas assez de différenciation, de caractérisation. Miles est le cliché de l'ex-flic qui a perdu sa femme et qui cuve régulièrement dans son bar préféré. Marvin est le cliché de celui qui a rencontré des problèmes dans sa jeunesse et qui le poussent à tuer.
Globalement, j'ai trouvé l'ensemble répétitif. Marvin qui franchit les tourniquets, par exemple, ou Miles qui cause avec son ami imaginaire. Peu de passages m'ont tenue en haleine, car on reste surtout dans l'esprit de Marvin, à essayer de comprendre pourquoi il commet des meurtres, ce qui le motive. Et il raconte souvent la même chose. Sa vie n'est pas trépidante. Problèmes de sommeil, le boulot, le dossier avec lequel une collègue l'ennuie, la fille avec laquelle il aimerait sortir. Et son café.
Deuxième point noir : je n'ai pas ressenti l'impact de Miles sur le récit. Le plus souvent, j'ai l'impression qu'il fait partie des meubles. Il boit, parle tout seul, pense à sa femme. Il n'enquête pas vraiment, plutôt obnubilé par des choses pas très catholiques. Les personnages ne sont pas inintéressants, mais suivre Marvin dans l'élaboration de ses meurtres, suivre le fil rouge de ses pensées tordues et les rouages de son côté sombre a été intéressant. De ce côté, notre tueur en série tient toutes ses promesses, de même que le final plein de suspense. L'écriture est quant à elle correcte, pas transcendante non plus, et l'intrigue tient la route.

Je tiens à remercier les organisateurs de l'opération Masse Critique de Babelio ainsi que les éditions La Bourdonnaye pour la découverte de ce livre.

Ma note : ★★☆☆☆

Le Poinçonneur des Lilas... et d'ailleurs – Vincent Virgine – série – La Bourdonnaye, collection Pulp – 12,99€