jeudi 9 avril 2015

Apprendre des autres : II - De l'observation pour "se construire"

On a vu à quel point l'apprentissage par soi-même et l'évaluation des limites sont essentiels à l'écriture, mais regarder un peu ce qui se fait chez les autres est tout aussi constructif, surtout si vous ne savez pas par où commencer (où si vous souhaitez essayer quelque chose de nouveau).

Écrire un roman requiert du temps, de l'énergie et de la préparation (qui inclut organisation et concentration). Si vous en êtes à votre première tentative et que vous hésitez à vous lancer sans filet, voyez un peu ce qui se fait autour de vous.
On ne vous demande pas de trouver votre modèle ni de copier une méthode, encore moins de plagier ou d'écrire une autofiction. Il est ici question de tirer un enseignement de vos observations, et tout le monde vous dira que ceci passe par l'analyse : concept, structure, intrigue, personnages, atmosphère, rythme, public.

1. Approche globale et étude de détails

L'approche globale vous permettra d'appréhender la succession des péripéties, les sentiments explicites des protagonistes, les descriptions. Elle vous servira de base à l'étude de détails et vous éclairera sur la structure du récit. Quel est le concept ? Quelle est la logique interne du texte ? Pensez QQOQCP, ça devrait vous aider.





L'étude de détails, elle, vous donnera de quoi aiguiser votre approche globale et d'en tirer les conclusions qui s'imposent : fond et forme, rythme...

2. Le concept

Il peut être perçu comme l'idée de base, celle qui créera l'alchimie entre les différents éléments du récit. L'idéal serait de pouvoir résumer l'œuvre en une phrase ou deux. La méthode du flocon reprend d'ailleurs cette technique pour les synopsis. Travaillez donc les fondations du texte pour affiner/détailler plus tard.

3. La structure

Elle doit servir l'intrigue, alimenter :
  • le suspense (polar, thriller) ;
  • la peur (horreur) ;
  • l'inhabituel/l'extraordinaire (fantastique) ;
  • la rencontre (romance, SF) ;
  • ...
Si la structure est bancale, le texte le sera aussi, un peu comme une colonne vertébrale voûtée.
La structure passera par le nombre de chapitres et leur taille (de ceci dépendra une partie du rythme), le(s) point(s) de vue (les alterner permettra de faire durer le suspense, de répartir les personnages dans divers lieux, d'étoffer le récit). Chaque élément doit s'imbriquer dans les autres à la perfection et leur permettre d'exister.

4. L'intrigue

Elle suit la structure et se base sur chacun des détails qui la compose. Si vous êtes méticuleux(se), vous avez travaillé avec la méthode du flocon. De toute manière, vous avez planché un minimum sur votre structure (normalement). Et si tel n'est pas le cas, vous avez déjà forcément réfléchi à votre intrigue (du moins je vous le souhaite). Est-elle originale ? Intéressante ? Crédible ? Qu'apportera-t-elle au lecteur ?

5. Les personnages

Comment bien les caractériser ? Comment permettre au lecteur de s'identifier à eux ?
Outre le nom et l'identité visuelle du personnage, il vous faudra élaborer son mode de pensées, sa façon de réagir à telle ou telle situation... Vous devez apporter les clés de sa compréhension. Sont à prendre en compte (liste non exhaustive) :
  • la base : nom, âge, apparence physique ;
  • les convictions : religion, valeurs, idées ;
  • le reste : habitudes, vie sociale, loisirs, racines ;
Avant d'intégrer un protagoniste, mieux vaut le connaître sur le bout des doigts. Cohérence, crédibilité et originalité sont les maîtres mots. Qu'a-t-il à perdre ? Qu'est-ce qui donnera envie au lecteur de suivre son histoire ?

6. L'atmosphère

Elle dépend du genre du récit, ce qui paraît logique. Un roman d'horreur ne dégagera pas les mêmes sensations qu'un autre à l'eau de rose. Sauf si vous ratez votre coup (rassurez-moi, ce n'est pas possible de se louper à ce point ?). L'arc narratif joue aussi beaucoup. Par exemple, osciler entre le perso A et le perso B d'une romance est très apprécié des éditeurs (l'évolution est plus visible et on peut la comparer par rapport aux protagonistes). Cette façon de procéder peut également ajouter une plus-value à un polar (entrer dans la tête du tueur, brr).
Il existe des codes spécifiques à chaque genre, que vous pourrez aisément trouver sur Internet pour peu que vous cherchiez un peu. N'hésitez pas à expérimenter avant (une scène, un court texte adapté de votre projet...).

7. Le rythme

Sans aucune surprise, il découlera lui aussi du genre. Mais si vous pensez qu'il viendra tout seul, vous vous trompez à moitié, car il faut parfois lui donner un coup de main (ou un coup de pied aux fesses, ça dépend).
Jetez un œil à votre synopsis de travail (et je ne saurais que trop vous conseiller de zieuter mon article à ce sujet), analysez-le, décortiquez-le avec objectivité et recul. Y trouvez-vous des temps morts, des passages ennuyeux, inutiles ? Votre introduction est-elle laborieuse ? Peu en adéquation avec votre thématique, peut-être ? Avouez qu'un roman SF qui commence par "Il était une fois", ça le fait moyen. Savez-vous/Saurez-vous tenir le lecteur en haleine ?

8. Le public

Quelqu'un vous lira-t-il ? Votre œuvre est-elle susceptible d'intéresser une autre personne que vous ? Trouver son public est aussi la preuve que votre texte a rempli ses objectifs et qu'en tant qu'auteur, vous avez misé sur la bonne maison d'édition. Mais on n'en est pas encore là, puisque vous n'êtes pas censé(e) avoir déjà écrit votre texte.
Petite parenthèse ô combien logique, mais qu'il est toujours bon de rappeler : n'importe quel public ne lira pas n'importe quelle œuvre.

Et comme d'habitude, rien ne vaut une bonne infographie.


Prochain article : "La caractérisation de ses futurs personnages".