jeudi 16 avril 2015

Écrire du steampunk : au-delà du cuivre et des machines à vapeur

Le steampunk est un genre littéraire dont l'expression signifie littéralement "punk à vapeur" et né à la fin du XXème siècle. Son action se déroule au sein de la société industrielle du XIXème siècle (machines à vapeur, révolution industrielle, époque victorienne...). On croit à tort qu'un texte steampunk doit se dérouler dans un contexte victorien ou édouardien, bien que ceux-ci se prêtent parfaitement au jeu.
De nos jours, le steampunk gagne en popularité et est aussi et surtout un esthétisme qui fleure bon le cuivre et la vapeur, et qui se développe tant en littérature que dans les domaines vestimentaire et décoratif.

Image trouvée sur www.etsy.com

L'écriture d'Ocre rouge depuis janvier (et sa préparation qui m'a pris de longs mois) est une bonne raison de vous parler de steampunk, au-delà du visuel plein de rouages et de machines à vapeur.
On en discutait avec les copains du Camp NaNoWriMo dans notre cabine, et j'ai remarqué que steampunk = idées reçues.
Ocre rouge est mon premier roman dans cette veine et si j'ai préféré ne pas m'embarquer dans un contexte trop différent de celui habituel, j'ai néanmoins tenu à m'écarter un peu des codes.
Outre cette ambiance faite de zeppelins, de locomotives et de mécanismes assemblés avec la précision d'un coucou suisse, Ocre rouge est un bon prétexte pour travailler mes descriptions. Tout y est très visuel ; or, comment décrire un univers très visuel quand l'auteur pèche avec ses descriptifs ? Il se force à être le plus minutieux possible.

Sans être steampunk, l'Angleterre victorienne (l'une de mes périodes favorites) dégage déjà un esthétisme fort : les robes interminables, les manoirs lugubres, le smog et les rues aux pavés humides. Tout ceci contribue au fait que niveau visuel, l'ensemble est riche, attrayant. Bref, ça claque, diraient certains. Le steampunk, c'est un peu la même chose, technologie et pistolets bizarres en plus. Avec le nombre d'œuvres qui prolifèrent ces derniers temps, difficile de se démarquer en la matière, car force est de constater que les décors finissent tous plus ou moins par se ressembler. L'enjeu devient finalement de proposer quelque chose de neuf, et c'est là que l'intrigue, couplée à l'ambiance et au reste, a intérêt à faire mouche.

Sans surprise, j'ai choisi de situer Ocre rouge dans un décor far-west, en reprenant quelques codes du western spaghetti.
Je soulignais donc l'importance de proposer une intrigue du tonnerre, car un roman steampunk ne peut pas reposer seulement sur son aspect. Il faut étoffer tout ça, le magnifier et ne pas parler de boulons juste pour dire "J'ai semé des boulons et du cuivre partout, c'est steampunk." Il faut que ça sonne steampunk, que ça en jette et que se dégage cette atmosphère de passé futuriste. On pourrait même parler de concept. Je pense que là réside le plus dur : apprendre à créer cette atmosphère, à la penser au-delà de ce que l'on verrait sur une illustration. Travailler sur un récit raccord avec le genre sans dépeindre toujours les mêmes décors ou les mêmes personnages types.
Puisqu'on cause persos, petite parenthèse. Nous sommes bien d'accord que cadre victorien ou pas, les femmes ont le droit de tenir le beau rôle et même le flingue (la femme fragile est un cliché ultra-réchauffé du gothique, je préfère le garder éloigné de moi, quitte à mettre des œillères pour l'éviter). Mais revenons-en à nos moutons.

Image trouvée sur www.vermontdeadline.blogspot.com

Plus haut, je parlais de concept, de courant à la Jules Verne qui exploite style vestimentaire et anachronismes. Ainsi obtient-on ce fameux mélange sur fond de corsets améliorés, de dirigeables et d'automates en jupons victoriens (oui, why not après tout). Il s'agit d'un univers tellement à part qu'il reste difficile de le catégoriser. Les cases, toujours les cases !