mercredi 22 avril 2015

[Entre les lignes] Blabla avec Cécile Duquenne

Qui de mieux que les acteurs du milieu littéraire pour nous en parler ? Ils sont auteurs, illustrateurs/trices, anthologistes, correcteurs/trices, éditeurs/trices... Je vous les sers sur un plateau à travers des questions sur leur travail, sur leurs publications, sur les petits trucs qui façonnent leur écriture, leur univers.



Cécile Duquenne nous parle de ses Foulards rouges, de Jack London et de steampunk entre deux tasses de thé.


Aude Réco : Qui est donc Cécile Duquenne (pour celles et ceux qui te découvriraient) ?

Cécile Duquenne : Je me présente donc : Cécile Duquenne, auteur de SF, fantasy, fantastique, née en 1988 dans la Provence des lavandes et des cigales. J'ai toujours eu une préférence pour les œuvres hybrides et c'est ce vers quoi tendent mes écrits ! Mis à part ça, je suis aussi doctorante en littérature japonaise, et je travaille sur les littératures d'Hiroshima et de Fukushima. Un sujet passionnant, souvent déprimant, mais d'un intérêt capital pour la recherche en littérature japonaise contemporaine !

A. R. Ah la lavande, ça sent bon ça ! Du coup, je rebondis par rapport à tes études. Que t'apportent-elles dans l'écriture ?

C. D. De la structure et une méthodologie tout d'abord, même si je pense que l'écriture a également nourri mes études pour cet aspect en particulier. Mais elles ont surtout un apport culturel notable, puisque j'ai étudié des cultures très différentes de celles des civilisations européennes : en m'ouvrant au monde et à l'écart culturel, cela m'a permis d'intégrer ce genre de décalages dans mes romans... et de les exploiter ! Soit en en faisant un élément du background, soit en l'utilisant comme moteur de l'intrigue (ce qui est le cas pour Foulards Rouges par exemple, où mes personnages, bien qu'européens pour la plupart, sont tous bouddhistes...) De manière générale, les études sont un puits sans fond de connaissance, et donc, d'inspiration : tout ce que j'apprends à la fac est réutilisé, d'une manière ou d'une autre, dans mes romans, et ce, que je le veuille ou non ! L'inconscient a, en ce sens, une part importante.

A. R. On peut voir sur les réseaux sociaux et sur ton blog que tu jongles entre l'écriture, les salons, tes études... Ton secret pour vivre toujours à cent à l'heure ? L'organisation sans doute, mais ça cache quelque chose moi je dis…

C. D. Du thé, je fume, euh, je bois des litres de thé !!!
Plus sérieusement, plus que de l'organisation, cela demande de compartimenter ces différents aspects : le jour ou la semaine où je travaille pour la fac, je ne fais *que* ça. Certes, le reste n'avance pas pendant ce temps, mais à la fin de ma journée ou de ma semaine, j'ai atteint un objectif (généralement assez gros), et du coup, je peux avancer sereinement sur le reste en me disant que je suis à jour sur au moins un truc.
Après, ça ne fonctionne pas toujours bien : il y a toujours des couacs, des imprévus, et des difficultés... en ce moment, ça ne se voit pas trop, mais j'ai 4 mois de retard sur à peu près tout, à cause de certains événements extérieurs, et c'est super flippant !! Mais bon, vu que c'est irrattrapable, je me suis fait une raison... j'ai prévenu mes éditeurs, et je bosse au mieux pour rendre mes romans dans les temps impartis... et révisés !

A. R. C'est un peu tout ou rien, alors. Un projet précis et voilà.

C. D. Oui voilà, tout ou rien.
Si on commence à s'éparpiller, on ne finit jamais rien en fait, et c'est très vite frustrant et décourageant ! On avance sur un peu tout, mais au final on ne finit rien...

A. R. Sans parler qu'on se retrouve avec 36 dossiers empilés sur le bureau et que ça met un bordel monstre (n'est-ce pas, Aude ? Hum).

C. D. Exactement !

A. R. À propos de thé, si on sait que tu adores ça, quid des animaux ? Chien ou chat ?

C. D. Ni l'un ni l'autre... pour l'instant. J'ai pour l'heure trop d'incertitudes quant à l'avenir pour me trouver un petit compagnon à papattes ! Dans le sens où j'ignore si je travaillerai encore à domicile les prochaines années, ou si je vais devoir me trouver un job alimentaire... et je ne veux pas faire partie de ces gens qui donnent leur compagnon à poils et à papattes à leur famille parce qu'ils n'ont pas le temps de s'en occuper, ou de le sortir, et que l'animal s’ennuie tout seul à la maison... Je sais que les chats sont beaucoup plus indépendants que les chiens, mais la problématique reste la même, puisque je vais être amenée à voyager en Asie sur de longues périodes pour mes études (1 à 3 mois par an selon les besoins) et je refuse d'être irresponsable. Donc tant que je ne suis pas fixée sur l'avenir, je préfère ne pas m'engager pour ne rendre personne malheureux (ni moi ni l'animal).
Quand j'aurai fini mon doctorat, peut-être que ma réponse sera différente...

A. R. Je ne conçois pas non plus qu'on refile l'animal à tout va dès qu'on s'aperçoit qu'on ne peut pas gérer.
On va revenir sur les Foulards rouges (passage obligé). Qu'est-ce qui t'a amenée à ce projet ?

C. D. FIREFLY \o/

A. R. Bonne réponse !

C. D. Ah ah !
J'ai adoré le concept de western de l'espace, et aussi le fait que les civilisations asiatiques aient fait leur "trou culturel" dans nos civilisations occidentales. Sans partir sur un copier-coller, j'ai repris ces trois éléments pour construire un univers et différentes civilisations qui se tiennent entre elles... des thématiques chères à mon coeur, comme la quête de liberté et d'indépendance, se sont greffées à ce projet. Mes études (encore elles) ont mis leur grain de sel là-dedans, puisqu'on étudiait à ce moment le syncrétisme religieux... les inspirations sont donc très variées, à la fois personnelles et extérieures.

A. R. Et toi, saurais-tu être un foulard rouge ?

C. D. Oh que non, je serais très mauvaise : j'ai le mauvais caractère de Lara mais pas son sang-froid, je fondrais en larmes à la première incartade en suppliant qu'on m'épargne.

A. R. Bienvenue au club. Sans oublier la chaleur, pas ma tasse de thé.

C. D. Ah la chaleur, ça va, je suis habituée !

A. R. Je me doute, mais tu sais, le nord... C'est le nord, quoi.

C. D. Ouais, winter is coming et tout et tout !

A. R. Quand tu écris, c'est plutôt le désert autour de toi ou il te faut du mouvement/bruit ?

C. D. Le désert, ou alors du "bruit blanc" sans parole distincte. Il faut que je puisse me concentrer sans qu'un bruit trop fort ou une parole vienne me sortir de ma "bulle". C'est un peu gênant, parfois, mais bon... on ne choisit pas, je crois.

A. R. Pareil pour les paroles. Tu nous parles de Penny Cambriole ?

C. D. Ah ahhhh !
Alors Penny Cambriole, c'est au départ une commande d'un salon du livre (Autres Mondes de Lambesc) dont le thème, cette année, est le steampunk. Ils désiraient faire étudier à des CM1, CM2 et 6e un texte steampunk, avant de se rendre compte que rien n'existait, en roman jeunesse francophone, dans ce genre... du coup, puisque ça n'existait pas, il fallait le créer.
Penny Cambriole est donc une série steampunk adressée aux 8-12 ans. Dans le premier tome, Penny, 12 ans, vit en 2015, mais elle se retrouve propulsée dans un univers étrange, une espèce de "grumeau temporel" où le temps est retenu, et où d'autres enfants sont enlevés à leurs époques personnelles : il y a Maria - la future Marie Curie, 12 ans elle aussi -, ainsi que Jules-Gabriel - de la famille Verne, bien entendu, 10 ans pour sa part - et Jack London avec son chien Rollo, qui sont les plus jeunes - 9 ans tous les deux. Ils ont été enlevés par nul autre qu'Arsène Lupin, qui leur a également volé quelque chose de précieux, mais ils ne savent pas quoi... ils croisent dans cet univers des griffons et des sphinx mécaniques, sont attaqués par des soldats automatisés, et perdus entre les murs d'un étrange Manoir monté sur rouages... que de mystères à résoudre !
Il y a aussi du thé, et de jolis costumes, sans compter une bonne dose d'aventure à 100 à l'heure, comme dans tout bon roman steampunk qui se respecte !

A. R. Cette idée de sphinx me rappelle Le Sphinx des glaces de Verne. D'ailleurs, pourquoi lui et Marie Curie pour accompagner Jack London ?

C. D. Jules Verne est pour ainsi dire l'un des pères spirituels du steampunk, je ne pouvais donc pas passer à côté. De plus, sa passion - véritable - pour l'aventure est un moteur formidable pour le groupe et pour l'intrigue du roman. Il faut savoir qu'à 11 ans, le jeune Jules se serait embarqué à bord d'un navire pour les Indes, sans prévenir sa famille, et qu'il comptait vraiment partir à l'aventure !... Enfin, c'est la légende qui le dit, mais que ce soit vrai ou non, cela fait de lui un véritable aventurier, même à son jeune âge ! Pour Marie Curie, ce fut plus délicat, car je voulais une certaine parité entre les membres du groupe : j'avais les deux garçons, j'avais Penny, et il me manquait une fille... j'ai d'abord cherché du côté des auteurs célèbres du 20e siècle, mais aucune ne me convenait vraiment : j'avais besoin de quelqu'un qui ait des capacités véritables, et spécifiques, qui puissent lui servir au cours d'une aventure. Je suis donc sortie du cercle "littéraire féminin" pour m'élargir aux célébrités féminines tout court des 19e et 20e siècle. J'ai aussitôt pensé à Marie Curie, en me demandant pourquoi je ne m'y étais pas intéressée plus tôt, d'autant que tout un chacun, en France, la connaît au moins de nom... et voilà !

Quant à Jack London, c'est mon auteur préféré de tous les temps, je ne pouvais pas passer à côté de lui... et puis il a Rollo, son adorable chien, c'était le duo parfait pour se lancer à l'aventure !

A. R. Bien joué ! London est donc ton auteur préféré. Qu'est-ce qui l'a érigé à ce rang ? Le côté chercheur d'or, l'aventure dans ses livres, les paysages de ceux-ci ?

C. D. Ce n'est pas sa vie ni son expérience de chercheur d'or, ni l'aventure, ni les paysages. C'est la thématique profonde de ses œuvres, qui est aussi celle qui me tient le plus à cœur : l'humanité à travers la liberté. On la retrouve en filigrane de chacun de ses romans, et son chef-d’œuvre le plus absolu reste pour moi Le Vagabond des étoiles. C'est triste que cette œuvre soit si méconnue du grand public, car c'est la plus aboutie, la plus émouvante, vibrant d'une soif de liberté renversante !

A. R. J'avoue ne plus bien me souvenir de ses récits, je l'ai beaucoup lu étant enfant, mais plus depuis.

C. D. Là, c'est un roman complètement adulte, il ne faut absolument pas le mettre entre les mains d'un enfant ! Cela se passe dans une prison absolument atroce - qui a existé, en plus - et dans le couloir de la mort plus exactement. Certaines scènes sont à glacer le sang, mais la manière dont Darrell échappe à cet univers carcéral en revivant ce qu'il pense être ses vies antérieures... c'est sublime.

A. R. Que devient ton projet La Tour ? Tu projetais de l'auto-éditer, pourquoi ? Est-ce toujours d'actualité ?

C. D. Il se repose tranquillement en attendant son heure. Je souhaite terminer la saison 2 des Foulards et les corrections de Penny Cambriole avant de m'y remettre !
Je projette de l'auto-éditer pour plusieurs raisons, la première étant que ce roman a été écrit en trois jours, dans une frénésie d'écriture, et qu'il ne revêt pas la forme de ce qui se fait habituellement dans l'édition traditionnelle.
D'autre part, et c'est là une raison bien moins évidente à avouer tellement les gens ont "peur" de parler argent en France, et surtout quand c'est lié à l'ART (qui devrait rester pur, etc.) : l'édition traditionnelle paye mal, et elle ne paye qu'une fois par an. L'auto-édition, c'est potentiellement ouvrir ses finances à des revenus réguliers (si revenus il y a), qui sont versés chaque mois, ou chaque semaine.
Je ne sais absolument pas si La Tour va marcher en auto-édition. Si ça me permettra de vivre plus sereinement d'année en année en me demandant si je vais toucher assez pour pouvoir un jour envisager non d'en vivre mais au moins d'en "survivre". Ce que je sais, c'est que je ne saurai pas si ça va marcher ou non tant que je n'aurai pas essayé. Alors... j'essaye ! Il y a aussi un geste "politique" derrière tout ça : vu que le droit d'auteur ne permet pas aux auteurs de vivre, alors je prends le taureau par les cornes, et je m'hybride ! Il n'y a aucune honte à dire que l'on veut vivre décemment de sa plume. Si l'auto-édition me permet de faire ce que je veux faire (à savoir continuer d'écrire et être lue) tout en étant plus sereine financièrement, alors tant mieux. Au pire, ça ne marchera pas, et je continuerai quand même à écrire

A. R. À défaut de parler argent, les Français aiment bien râler... Tu as raison, mieux vaut vérifier, tu seras fixée ! Tu as donc écrit ce roman en trois jours (et tu anticipes mes questions depuis tout à l'heure). Le referais-tu et pour quelle raison ?

C. D. Oui, il a été écrit en trois jours (désolée, ah ah, d'avoir anticipé), et si c'était une expérience extrêmement enrichissante et productive, je ne pense pas la retenter de sitôt : c'est comme les marathons, si l'on en court plus d'un par an, on met sa santé en danger ! Je me relancerai sûrement dans un tel exercice à l'avenir, mais pas avant un ou deux ans... c'est intense, et la création a besoin de temps ! On peut se permettre de telles accélérations de temps en temps, mais pas souvent. Du moins, moi je ne le pourrais pas.

A. R. Faut que je tente moi aussi. C'est que vous m'avez tous donné envie l'année dernière !

C. D. Niahahahahaha ! Il y a plein de ponts en mai, ce serait l'occasion de te lancer... je dis ça je dis rien.

A. R. Un projet avec lequel tu as vraiment pris ton pied (et interdiction de dire tous) ?

C. D. Humm, dure question en effet !... Non, mais en fait je sais déjà quoi répondre : Foulards Rouges, parce que c'est mon plus énoooooorme projet à l'heure actuelle, et que je m'y plonge corps et âme depuis 3 ans, et que plus j'écris, plus j'aime mes personnages, et plus je les aime, plus j'ai envie d'écrire... c'est le seul projet sur lequel je n'ai jamais vraiment eu de période "creuse", il hante toujours un coin de mon esprit.

A. R. Si un fou furieux menaçait de brûler ta bibliothèque, quel livre sauverais-tu ?

C. D. Le Vagabond des étoiles ! Et Le Royaume de Kensuké, de Morpurgo, qui traite des mêmes thèmes en fait... mais que j'avais lu à l'âge de 10 ans (c'est du jeunesse cela dit, pas aussi sombre que l’œuvre de London, bien au contraire même !) !

A. R. Alors là chapeau ! Moi j'aurais répondu tous mes Jules Verne, le truc bien lourd à porter, quoi.

C. D. Ah ah ah, en version intégrale reliée, édition Hetzel illustrée ?

A. R. Dans le mille !

C. D. \o/

A. R. Sans parler de mon énoooorme Vingt mille lieues sous les mers avec croquis, notes manuscrites sur la faune et la flore sous-marine...

C. D. Quitte à n'en sauver qu'un, ce serait lui alors, non ?

A. R. Mon préféré étant Michel Strogoff (en deux tomes), j'aurais bien du mal à choisir quand même.

C. D. On va dire que t'as deux bras, et que dans un carton, ça passe pour les porter en courant ?

A. R. Je me dis que s'il y a le feu, j'aurai besoin d'un bras pour porter mon Champollion.

C. D. xDDD

A. R. Tu écoutes quoi en ce moment (dans le sens large du terme ou là maintenant si tu écoutes quelque chose) ?

C. D. En ce moment, j'écoute cet album en boucle :
http://www.deezer.com/album/7243597

A. R. Merci pour le lien !

C. D. De rien ! La chanteuse est top, mais celui-ci est, selon moi, son meilleur opus

A. R. Il faudra que j'y jette une oreille alors. J'ai pensé à toi en "cuisinant" ma première victime, mercredi : on a parlé Lindsey Stirling.

C. D. Ah, elle aussi je l'écoute beaucoup ♥ Shatter me est SUBLIMISSIME !!! (Puis c'est la chanteuse d'Halestorm, groupe que j'adore aussi, qui chante... j'étais conquise d'avance quoi !).

A. R. D'une pierre deux coups. Un petit mot pour la fin ?

C. D. Qui veut du thé ?

A. R. Des écrivains japonais, alors.

C. D. Merci, en tout cas, pour cette session "je cuisine un auteur", qui m'a fait très très plaisir ♥ (j'ai lu ton dernier article hier en rentrant, sur Ocre rouge, très intéressant !). (D’ailleurs tu as fait une remarque sur le steampunk qui a provoqué une jolie réflexion de fond sur un de mes univers, ça va bien m'aider) ♥


Cécile Duquenne

  • son blog : gabytrompelamor.livejournal.com
  • sa biblio : Entrechats chez Voy'[el], Nécrophiles Anonymes I, II et III chez Voy'[el] (papier) et Bragelonne (numérique), Foulards Rouges saison 1 chez Bragelonne (collection Snark), Purespace aux éditions du Petit Caveau et Foulards Rouges saison 2 à paraître chez Bragelonne.
  • sa musique du moment : Fight Like a Girl par Emilie Autumn.



Retrouvez ma chronique d'Entrechats.

J'en profite pour ajouter le résumé du livre préféré de Cécile, qu'elle m'a gentiment envoyé :
« Dans la prison d'État de Californie, à San Quentin, Darrell Standing s'apprête à être pendu. Il y a huit ans, alors professeur d'agronomie à l'école d'agriculture de Berkeley, il a été condamné à perpétuité pour crime passionnel. Sur les huit années d'incarcération, il a passé cinq ans dans les ténèbres d'un cachot, surnommé la "mort vivante". Victime d'une dénonciation calomnieuse, il est maintenant condamné à mort. En attendant l'heure fatale, il s'évade au gré de son imagination dans le passé. Il se voit ainsi au cœur du Paris de Louis XIII sous les traits du comte Guillaume de Sainte-Maure ; comme enfant rescapé d'une caravane de pionniers massacrés par les Indiens ; en marin anglais marié à une princesse coréenne du XVIe siècle ; comme matelot viking bientôt reconverti en centurion de Ponce Pilate au moment du procès de Jésus ; en homme des cavernes à l'aube de l'humanité. Passant du réalisme au fantastique, de l'univers monotone et exigu d'une geôle aux rebondissements émaillés de prodiges, Le Vagabond des étoiles est à la fois un procès contre l'univers carcéral et un hommage à l'imaginaire. Considéré comme son dernier acte de militant socialiste, comme son testament littéraire et philosophique (Jack London meurt un an après la parution de son livre), c'est aussi l'un des chefs-d'œuvre de l'auteur. »
- Céline Darner.