mardi 5 mai 2015

L'art de trouver des idées : I - Nourrir son inspiration

S'il y a bien quelque chose dont dépendent les auteurs, c'est de la Muse. Sans hésitation. On ne sait pas trop ce qu'elle est ni ce qui justifie ses apparitions ou désertions. Pour certain(e)s (moi, par exemple), elle campe dans leur tête 24/7. Pour les autres, elle suit les fluctuations d'on ne sait pas vraiment quoi. Mais si je croule sous les idées, c'est aussi parce que je nourris mon imagination. J'avoue néanmoins ne pas avoir à fournir des efforts herculéens pour y parvenir (le jour où ça arrive, c'est bien simple, j'abandonne).
Allez, assez parlé de moi et passons au sujet de cette première partie d'article : nourrir son imagination et apprendre à composer avec les caprices de Muse.

1. Donner de la matière à votre inspiration

Tout comme votre corps, votre esprit a besoin de se nourrir : lecture, musique, images, documentation... Donnez à votre inspiration les moyens de se développer, de mûrir. Si vous vous lancez, ne vous attendez pas à ce que tout vous tombe du ciel (ça arrive à certain(e)s, mais mieux vaut voir les choses du mauvais côté et s'attendre à tout). L'imagination a besoin de travailler, de cogiter. Lancez cette formidable machine qu'est l'inconscient et surtout, ne vous acharnez pas. Si rien ne vient, votre idée n'est peut-être pas prête ou vous-même ne l'êtes pas. En revanche, ne lâchez pas le morceau ! J'ai parlé d'acharnement, pas de motivation. Si cette dernière vous fait défaut, oubliez l'écriture, car même les habitués traînent leurs moments de doute (c'est juste qu'ils ont trouvé la parade pour les berner : la persévérance).
Il n'existe pas de solution miracle. Laissez libre cours à vos envies, ne redoutez pas l'échec, ne craignez pas le ridicule. Quand bien même vous trouveriez un pitch tordu à souhait, il faut vous jeter à l'eau. Là où il y a de la gêne, il n'y a pas de plaisir. Et si une idée vous ennuie, ne forcez pas : elle risquerait d'ennuyer aussi le futur lecteur.
Votre créativité n'a pour limites que celles que vous vous/lui imposez.

2. Les caprices de Muse

La plupart du temps, elle ne se dompte pas. Elle n'a ni horaires ni plan de vol. Elle frappe souvent juste, si juste qu'elle vous convainc que cette idée (peut-être la dernière d'une looooongue liste, je vous le souhaite) sera celle du siècle. Elle ne met pas de gants avec vous, c'est là, maintenant, tout de suite, mais dans votre intérêt, mieux vaut que vous la preniez avec des pincettes. Elle vous réveille à deux heures du mat' (ça c'est quand elle vous laisse dormir), impose ses règles et ses idées dans les endroits les plus incongrus (la mienne adore me glisser des dialogues sous la douche). Et il faut composer avec tout ça. On a connu mieux comme coloc', je vous l'accorde. Pourtant, une fois qu'elle a posé sa valise, on ne saurait se passer de sa présence. J'ai nommé la Muse.



Emmerdeuse patentée, elle forgera d'une certaine manière votre caractère d'auteur et votre rapport à l'imagination. Ne cherchez pas à la museler ; si elle a décidé que ce serait A et pas B, vous cèderez de toute façon.
Elle vous mettra parfois dans des situations curieuses et vous gribouillerez alors l'idée la plus géniale de votre vie avec de la mousse jusqu'aux oreilles parce qu'elle vous aura tiré de ce bain si agréable. D'où l'intérêt de toujours garder de quoi écrire à portée de main. CQFD. Je ne saurais également que trop vous conseiller d'apprendre à noter sur le vif et en vrac, sans chercher à atteindre une perfection qui ne viendra pas dans la foulée. Gardez à l'esprit que les idées ne sont que ça et qu'elles sont appelées à évoluer.


Mais les choses sont loin de se limiter à une relation média/auteur/Muse parfois chaotique. L'idée est une curieuse petite bête. Volatile, elle ne demande qu'à être saisie, étudiée, magnifiée. À l'auteur de retrousser ses manches et de rester aux petits soins pour elle (ce que nous verrons dans la seconde partie de cet article).


Prochain article : "L'art de trouver des idées : II - De l'idée brute à l'idée finale".