vendredi 26 juin 2015

Écriture, mon amour

L'écrivain est vraiment une drôle de bête. Il vit d'amour et d'eau fraîche (enfin, d'écriture et de courants d'air). Il gribouille la nuit (mythe de l'oiseau de nuit tout ça). C'est un incorrigible rêveur. Et il pond une histoire par an (ahah, hum). Mais surtout, il reste cette entité mystérieuse. Il vit reclus dans sa tanière et craint les autres.

J'ai peur des gens, du regard qu'ils portent sur MOI. J'en discutais avec deux de mes interviewés il y a quelques temps. Le simple fait d'en parler comme ça, entre deux questions, m'a permis de relativiser. Je parais peut-être sûre de moi sur les réseaux sociaux, sur mon blog... parce qu'il s'agit de MON espace. Je le partage par le biais des commentaires, mais ça reste CHEZ MOI. Je ne quitte pas vraiment les clous que je dispose sur mon chemin. Le fait est qu'il m'arrive d'hésiter deux minutes avant de poster un comm sur Facebook, de me demander si je ne vais pas sortir une connerie ou si ça ne va pas être mal interprété. C'est toujours un peu le risque. Je ne suis pas comme ça dans le cercle (très très) privé de la famille (minuscule, mais ça reste une famille, hein). J'aime rentrer dans les débats, parler de plein de sujets différents. C'est précisément ce que j'ai appris à ne plus faire avec les autres, ceux qui n'appartiennent pas au cercle familial. Parce qu'on m'a tellement envoyée bouler, insultée par rapport à mes opinions et parce que j'étais encore jeune, ça m'a marquée. Alors aujourd'hui, il y a cette appréhension omniprésente dès que je dois sortir et quand je croise quelqu'un, je regarde mes pieds ou mon chien si je le promène. J'étais sociable, mais de nombreuses personnes ont brisé le lien qui me raccordait aux gens.

J'essaie de me réapproprier ma propre personne, pour laquelle je n'ai pas beaucoup d'estime. Je n'ai rien à raconter de plus que les autres, rien de plus intéressant non plus. Je n'ai jamais été populaire, alors quand on vient vers moi, qu'on me remercie pour ce que j'écris ou pour les conseils sur ce blog, ça me fait chaud au cœur comme pas possible. Ça me pousse à poursuivre, à raccrocher les wagons. Et même si en ce moment ça s'effiloche un peu, il y a vous, vos retours. L'écriture est tout ce qu'il me reste maintenant, ou presque, et vous savoir derrière moi, lire vos messages, ça me ferait parfois pleurer de joie (je sais, ça paraît con).