mercredi 3 juin 2015

[Entre les lignes] Blabla avec Lilian Ronchaud

Qui de mieux que les acteurs du milieu littéraire pour nous en parler ? Ils sont auteurs, illustrateurs/trices, anthologistes, correcteurs/trices, éditeurs/trices... Je vous les sers sur un plateau à travers des questions sur leur travail, sur leurs publications, sur les petits trucs qui façonnent leur écriture, leur univers.



Lilian Ronchaud, créateur des éditions L’ivre-Book et véritable touche à tout, nous parle de lecture numérique, des littératures de l’imaginaire et de ses choix.

Aude Réco : Pour commencer, tu nous présentes L'ivre-Book ?

Lilian Ronchaud : L'ivre-Book est une maison d'édition qui publie ses livres en numérique et peu à peu en papier. Maison d'édition généraliste mais avec une préférence pour toutes les littératures de l'imaginaire.

A. R. Comment en es-tu arrivé à créer ta propre maison d'édition ? Et pourquoi ce choix du numérique ?

L. R. Plusieurs facteurs m'ont amenés à créer L'ivre-Book. Tout d'abord une précédente profession qui au bout de 20 ans m'amenait à la dépression, l'envie de travailler dans un domaine qui me plaisait. La littérature m'ayant toujours fasciné, intéressé, j'aimais bien l'idée d'un métier touchant à cette branche. N'ayant aucun talent pour devenir écrivain, j'ai eu l'idée de me renseigner sur l'édition. Entre temps, j'avais découvert la lecture sur tablette et je me suis dit, banco, je me lance comme éditeur et je sors mes livres en ebook.

A. R. Je vais revenir sur les genres de l'imaginaire, qui occupent une place importante chez L'ivre-Book. Comment expliques-tu ça ?

L. R. Depuis que je suis en âge de lire, vers 4 ou 5 ans, je n'ai lu essentiellement que ce type de littérature ; fantastique, science-fiction... J'ai bien sûr élargi mes goûts qui sont devenus multiples, mais j'ai toujours eu beaucoup de gourmandise pour l'imaginaire. Et lorsque je suis devenu éditeur, mon but principal étant de me faire plaisir, je me suis naturellement tourné vers cette littérature. Mais je ne tourne pas le dos aux autres genres, au contraire ; et mes goûts et mes envies sont tellement éclectiques que je suis ouvert à beaucoup de choses.

A. R. En parlant de lecture, si tu ne pouvais emporter qu'un seul livre (oui je sais, c'est cruel), lequel serait-ce ?

L. R. Sans hésiter Le Seigneur des Anneaux, en plus il est très long.

A. R. Tu aurais de la lecture pour un moment... Dis-moi, si tu devais définir L'ivre-Book en trois ou quatre mots...

L. R. Quatre mots : "je prends mon pied" et j'espère que tous mes lecteurs peuvent dire de même.

A. R. Du coup, qu'est-ce qui fait que tu décides de publier un livre ? Quel est le déclic ?

L. R. Il faut simplement que le texte me plaise et le déclic se déclenche de manière si différente que je serais incapable de définir ce qui le met en route. En tant qu'éditeur, je réagis comme un lecteur chanceux qui tombe toujours sur des livres qui lui plaisent. Lorsque je lis un texte qui me plait, je me dis "Bon sang, ça j'aurais bien aimé le lire et le trouver dans ma bibliothèque", et donc je l'édite.

A. R. Tu parles beaucoup de lecture (logique, tu me diras), mais si on prohibait un jour l'imagination ?

L. R. Dans un monde totalitaire, l'imagination est la dernière liberté individuelle, la seule contre laquelle on a aucun garde-fou et contre laquelle on ne doit avoir aucune limite. L'imagination ne fait de mal à personne mais elle fait beaucoup de bien à son propriétaire. Donc, en prohibant l'imagination, on élimine l'homme en tant que tel.

A. R. Quels sont les projets en cours ?

L. R. Mes projets sont un peu comme mon imagination, ils n'atteignent jamais leurs limites. Pêle-mêle : continuer de développer ma collection de romance, relancer ma collection érotique. Rééditer d'anciens titres d'anticipation, éditer une série très sympathique d'une jeune auteure qui s'intitule Sur les dents, lancer une collection sur le Western, rééditer une cinquantaine de titres de Jimmy Guieu dans leur version d'origine, éditer une trilogie de fantasy totalement inédite d'Hugues Douriaux... et surtout essayer de contenter tous mes écrivains et enfin publier leurs titres. Et j'oublie, bien évidemment, énormément de choses.

A. R. Je profite que tu parles de la collection e-Western pour te demander un peu ce que tu prévoies pour elle (sauf s'il s'agit d'une surprise).

L. R. Alors, la collection e-Western sera dirigée par Manuel Essard, très bon auteur de fantasy entre parenthèses, un grand fan de ce genre. C'est en fait lui qui en a eu l'idée et qui me l'a proposée. J'ai dit oui tout de suite. Ce qui est prévu dans cette collection, je n'en ai strictement aucune idée et je lui fait entièrement confiance sur le programme de parution. Et je vais avouer une petite chose : je crois n'avoir jamais lu de western - vu sur un écran, oui, mais pas lu - à l'exception d'un seul titre dont l'héroïne avait les cheveux d'une chaude couleur et dont les initiales de l'écrivain sont SW ; je rajoute une chose : si par hasard ce titre, qui n'a plus d'éditeur, est réédité chez moi, je serai un éditeur qui approche du nirvana.

A. R. Ton morceau du moment ?

L. R. Celui que j'écoute à l'instant : Up in the air de 30 seconds to Mars.

A. R. Un petit mot pour la fin ?

L. R. Je voudrais dire une nouvelle fois à mon épouse Nathalie et à mes trois fils Julian, Rémi et Dorian que je les aime.

A. R. Eh bien je te remercie d'avoir donné un peu de ton temps si précieux pour répondre à mes questions (pas toujours faciles, je te l'accorde).

L. R. Je t'en prie, tout le plaisir était pour moi.


Lilian Ronchaud / Éditions L'ivre-Book

son site : http://www.livre-book-63.fr
sa musique du moment : Up in the air par 30 seconds to Mars.