dimanche 14 juin 2015

[Entre les lignes] Blabla avec Roxane Dambre

Qui de mieux que les acteurs du milieu littéraire pour nous en parler ? Ils sont auteurs, illustrateurs/trices, anthologistes, correcteurs/trices, éditeurs/trices... Je vous les sers sur un plateau à travers des questions sur leur travail, sur leurs publications, sur les petits trucs qui façonnent leur écriture, leur univers.



Pétillante, Roxane Dambre a répondu à mes questions avec son habituelle bonne humeur. Elle nous parle de ses projets, de ses personnages psychopathes sur les bords et de sa gourmandise légendaire. Vous prendrez bien une dose de sourire ?



Aude Réco : Aucune surprise pour la première question : présentation !

Roxane Dambre : Je m’appelle Roxane et je m’apprête à entrer dans mon 28e été tout en gérant ma double identité : ingénieur de 8h à 18h, incorrigible rêveuse le reste du temps. Mon but dans la vie : conquérir la Terre en rendant les gens un peu plus heureux et sacrifier des chamallows en les grillant sur des feux de camps.

A. R. Ou comment donner faim en quelques lignes. Tu ne serais pas un peu gourmande des fois ?

R. D. Moi ? Jamais de la vie ! Il suffit de lire mes romans - ou mes statuts Facebook - ou d'ouvrir mes placards où je planque mes demi-quintaux de chocolats - pour s'en rendre compte !

A. R. Je pense lasagnes là, tout de suite. À ce propos, comment en es-tu venue à écrire Animae (courez les acheter au passage) et à écrire tout court ?

R. D. Les lasagnes, c'est le meilleur plat du monde ! J'écris depuis des années et des années. Ma mère m'a ressorti il y a quelques mois une petite histoire que j'avais écrite en CP. Illustrée et tout. Ça racontait l'histoire d'une fille qui était différente des autres parce qu'elle avait des bras de deux mètres mais qui finissait par sauver des gens d'un immeuble en feu. J'étais toute émue ! Animae, c'est une idée qui m'est venue un dimanche soir de mai, dans le train qui me ramenait là où je faisais un stage. La lune était pleine et je me disais que j'étais bien contente que les loups-garous n'existent pas vraiment. Ou, s'ils existaient, j'étais bien contente qu'il y ait des gens pour les chasser et les maîtriser. Et si ces chasseurs existaient, j'étais bien contente qu'ils soient assez solides pour les tuer sans que nous autres humains ne nous en rendions compte. Ça m'a travaillée toute la nuit. Le lendemain, Lou est née.

A. R. Lou qui est un personnage vraiment haut en couleur... Y a-t-il un peu de toi dedans ?

R. D. Bien sûr ! Il y a de moi dans tous mes personnages, même dans les affreux jojos. Du coup, je ne révèlerai pas quels points j'ai en commun avec qui, sinon tout le monde va me prendre pour une psychopathe. Par contre, s'il y a bien une chose que je ne partage pas avec Lou, c'est son régime alimentaire. Pour me convaincre de manger de la viande crue, il faut se lever de bonne heure ! Et des criquets, je n'en parle même pas...

A. R. Je reviens sur les origines de la saga et je me demande une chose : qu'est-ce qui te convainc dans une idée ? Je m'explique : au milieu de toutes celles que tu peux avoir, qu'est-ce qui fait que celle-ci sera la bonne et pas sa voisine ?

R. D. J'ai un critère très simple : si j'ai envie de vivre l'histoire qu'apporte cette idée, alors c'est la bonne. Si elle me donne des sueurs froides rien qu'en pensant que ça pourrait m'arriver, je passe mon chemin. Écrire un roman, c'est un énorme investissement de temps et d'émotions, alors je ne choisis que ce qui me remplit d'enthousiasme et de bonne humeur. En plus, mes bonnes idées ont une fâcheuse tendance à se comporter comme des enfants en bas âge. Si je ne m'en occupe pas, elles m'empêchent de dormir.

A. R. Quel est ton genre de prédilection ?

R. D. Petite, j'étais complètement accro aux polars et aux romans d'espionnage. Ensuite, il y a eu Harry Potter et je suis tombée dans la marmite du fantastique. Maintenant, j'aime ce qu'on appelle dans le jargon la "fantaisie urbaine", c'est-à-dire des histoires qui se passent dans notre monde, où le fantastique surgit dans les situations du quotidien. J'adore ça !

A. R. Tes lecteurs aussi ! Comment s'est goupillée ta publication au Livre de Poche ?

R. D. Goupillée ? Dégoupillée, tu veux dire ! Quand mon éditrice m'a annoncé ça, ça m'a fait l'effet d'une vraie bombe ! Ensuite, tout s’est fait très tranquillement, le choix des couvertures, les signatures destinées aux premiers services presse dans les locaux du Livre de Poche (j’avais le cœur qui battait à cent à l’heure, j’étais tellement impressionnée !), puis la sortie officielle et ma fierté infinie quand j’ai trouvé mon livre dans les rayons de la FNAC à côté de chez moi. C’était une sacrée aventure.

A. R. Plutôt numérique ou plutôt papier ? Pourquoi ?

R. D. Le numérique, ça a changé ma vie. ! Je peux acheter beaucoup plus de livres (ils sont moins chers), je n'ai plus de problème de stockage (tu verrais la bibliothèque que j'ai laissée chez mes parents !!) et je peux emporter 40 bouquins en vacances dans mon sac à main. Le papier garde tout de même une grande place dans mon coeur. Le plaisir d'être dans une librairie et de tripoter des bouquins, c'est tellement jouissif...

A. R. Heureusement que je n'ai pas de librairie à côté de chez moi. As-tu des TOC d'auteur ? (Si un quelconque TOC a un quelconque rapport avec la douche, ça voudra dire que les Muses sont des sirènes).

R. D. Oui, mais il ne faudra le répéter à personne ! Je mime toujours les expressions de mes personnages, quand j'écris. Tant que c'est la joie ou la colère, ça va, mais quand je mime le chat terrifié qui s'accroche aux rideaux, je ne te raconte pas ma bobine...

A. R. Je répète mes dialogues en faisant la vaisselle, c'est pas mieux. Quelles sont les conditions pour que tu puisses écrire ?

R. D. Oooh ! J'adorerais te voir faire la vaisselle !! Pour écrire, il me faut un ordi ou un stylo et du papier. Pour le reste, peu importe que je sois sur mon canapé ou dans les transports en commun, dans le silence ou avec la télé/la musique/le brouhaha de la foule, le matin ou le soir... Autre condition absolument indispensable : je dois pouvoir manger du chocolat environ toutes les deux heures. Ça compte encore comme un TOC, ça ?

A. R. Je pense bien. Le TOC qui se moque des kilos ! Tu nous parles de ton/tes projets en cours ? Et Scorpi, tu nous le présentes ?

R. D. Avec plaisir ! Scorpi, c'est l'histoire de Charlotte, une jeune femme tout ce qu'il y a de plus normal qui débute dans la vie, qui se retrouve embarquée par hasard/par erreur dans une famille de tueurs à gages qui n'a aucune idée de comment on se comporte dans le "vrai monde". J'ai tellement ri en imaginant tous ses déboires ! Mon projet actuel, c'est donc de finaliser le tome 2 et d'écrire le tome 3. Ça m'occupe drôlement !

A. R. Tu m'étonnes ! Un truc que tu aimerais vraiment faire en tant qu'auteur...

R. D. Bonne question. Hum... Et toi ?

A. R. Euh... Écrire un roman à quatre mains. Si quelqu'un passe par ici et se propose...

R. D. En fonction de la personne qui écrirait avec toi, ça peut envoyer du lourd, oui !

A. R. Un truc bien barré, le roman. Et toi donc ?

R. D. Oh la la, dur... Ah si ! Rencontrer Julia Roberts ! Ça n'a aucun rapport avec l'écriture, mais j'adore cette actrice.

A. R. Étonnant que tu n'aies pas choisi un beau gosse à la place de Julia Roberts. Ton auteur préféré...

R. D. Ah mais je veux bien rencontrer des beaux gosses aussi, hein ? J'ai un millier d'auteurs préférés. Au moins. Alors disons : Diana Wyne Jones, Gail Garriger, Tolkien, Alex Scarrow... Et pour les auteurs français : Dana B. Chalys, Gabrielle Massat, Jo Ann von Haff...

A. R. Ton morceau du moment...

R. D. La version des Piano Guys de Star Wars. Je peux l'écouter en boucle pendant des heures.

A. R. Un mot pour la fin ?

R. D. Merci de ton invitation, ça m'a fait très plaisir !

A. R. Merci à toi d'avoir accepté.


Roxane Dambre

  • sa biblio : Animae I à IV au Livre de Poche, Scorpi I aux Éditions de l'Épée.
  • sa musique du moment : Cello Wars par The Piano Guys.
Retrouvez ma chronique d'Animae I.