jeudi 2 juillet 2015

Quand estimer qu'un manuscrit est apte à être soumis ? : II - Bêta-lecture, lecteurs-test et autres joyeusetés

Comme je le soulignais dans mon introduction du 4 juin, l'auteur est indissociable de son œuvre et vice-versa, et inversement, etc. Vous aurez beau retourner la question dans tous les sens, vous en arriverez à cette conclusion. De plus, nous avons vu qu'il faut se montrer un minimum pro quand on soumet un manuscrit, ce qui revient à gérer ce qu'il y a (aura ?) derrière, à le défendre, à l'assumer. Rien ne serait cependant possible sans bêta-lecture, lecteurs-test et autres joyeusetés (comme le souligne mon titre).
Mais d'abord, qu'est-ce que la bêta-lecture ? Pour les novices, il s'agit du travail effectué par un (re)lecteur tiers qui annotera vos moindres coquilles/erreurs/incohérences. Ses retours vous seront précieux dans le sens où il apportera un point de vue objectif sur votre manuscrit. La bêta-lecture est un peu le passage obligé, un col de montagne qui, une fois franchi, vous vaudra un sacré soulagement.

1. Une bonne habitude à prendre

Certain(e)s ne jurent que par la bêta-lecture et ne se risqueront pas à envoyer leur bébé aux éditeurs si leurs bêtas ne sont pas ou presque unanimes. Pour celles et ceux qui douteraient de l'efficacité de cette étape, n'hésitez pas à essayer. Trouvez-vous deux ou trois personnes (trois de préférence, pour trancher l'avis des deux autres), expliquez-leur ce que vous attendez d'elles, planchez sur le manuscrit comme vous le feriez avec vous-même. N'hésitez pas à détailler sur ce que vous souhaitez, à insister, mais ne les influencez pas. Et surtout, acceptez la critique. Elles ne souligneront pas votre texte pour le simple plaisir d'y mettre de la couleur ou pour vous contrarier. Gardez à l'esprit qu'elles veulent la même chose que vous : améliorer votre récit, peaufiner votre style, affiner votre plume.


2. Lecteurs-test et divers procédés

Comme pour tout, estimer son manuscrit apte à s'envoler vers les éditeurs est à l'appréciation de l'auteur. Chacun étant différent, son approche le sera aussi. Parmi elles : le lecteur-test, destiné à lire un texte déjà relu (je le lui souhaite), corrigé (normalement), prêt (si tout va bien). On pourrait le comparer à un chroniqueur, sauf que lui découvre une histoire qui nécessitera peut-être de nouvelles retouches.
Certains préfèrent que le manus passe le test de la lecture orale, tandis que d'autres attendent qu'il les surprenne à la relecture.
Chaque écrivain travaille à sa manière et progresse comme il l'entend. Il choisit ses partenaires, ceux qui l'aideront à améliorer l'ensemble, à le rendre viable. Mitonnez votre propre recette en fonction de vos attentes et de votre récit. Si vous ne souhaitez pas suivre la même à chaque fois, libre à vous de l'adapter par rapport à vos besoins.


Globalement, nous serons tous d'accord pour vous dire qu'un manuscrit n'est jamais vraiment prêt. Il y a toujours quelque chose à améliorer. La perfection n'existant pas, il faut bien se résoudre à se lancer un jour, après moult relectures, corrections... Vous en vomirez votre texte par les narines, vous en ferez sans doute des cauchemars, vous en aurez par-dessus la tête et connaîtrez les dialogues par cœur, mais nul n'a jamais prétendu qu'écrire est une partie de plaisir. Vous voilà prévenu(e).


Prochains articles de la série :

  • "Le pourquoi du comment : quel type de manuscrit et de quelle manière ?" ;
  • "Les cas particuliers".