samedi 19 septembre 2015

Écrire : II - Routine et habitudes : véritable moteur ou frein à la créativité ?


Nous avons précédemment abordé le vaste sujet de la solitude de l'écrivain, mais quid de sa routine, de ses habitudes, de ses TOC ? Si certains paraissent cruciaux, si beaucoup vantent les mérites de la routine, peut-on pour autant parler de bienfait ? S'inscrire dans une sorte de train-train ne va-t-il pas à l'encontre du principe même d'écriture ?


Dans le premier article de cette série, j'ai parlé de ces auteurs qui requièrent un lieu particulier pour écrire. Dans le lot, il y en a peut-être qui n'ont jamais essayé de travailler ailleurs ou qui se limitent à un endroit parce qu'ils s'y sentent bien (un bureau, par exemple). Dans ce cas, il est question d'habitude, mais on ne peut pas dire qu'elle impacte l'écriture de manière négative. Chacun peut tenter de nouvelles choses et se choisir un autre espace ; il pourrait se passer un truc. Au mieux, changer s'avérera bénéfique. Au pire, vous regagnerez votre bureau/table/canapé/autre. Un détail qu'il me semble judicieux d'ajouter par rapport à celles et ceux qui prônent l'idée de s'installer un coin pour écrire, je réponds "pas forcément". Tant que vous vous sentez bien là où vous êtes...
Certains, à s'aménager une sorte de sanctuaire, se mettent peut-être une pression inutile : celle du "je ne saurai pas écrire ailleurs, ce sera moins bon." Pour ma part, je ne trouve pas l'écriture si sacrée que ce que quelques-uns en disent. Égoïste, impertinente, capricieuse... oui. Se prévoir un endroit qui change selon l'humeur ou selon tout un tas d'éléments, pourquoi pas, mais ne vous imposez pas un bureau pour faire comme les autres. Ce serait vous mettre des bâtons dans les routes et franchement, vous n'avez pas besoin de ça.

Je dis souvent que l'écrivain est son propre frein, qu'il s'érige des barrières qui n'ont rien à faire là. Les habitudes le sont-elles ? Véritable moteur ou frein à la créativité ?
À écrire, on est censé être libre (dans une certaine mesure, bien sûr), sauf qu'on nous parle (trop ?) souvent de routine. En existerait-il une bonne, capable de réunir habitudes importantes tout en conservant l'aspect "électron libre" de l'écriture ? Puisque, rappelons-le, celle-ci est capricieuse et l'inspiration, davantage. S'installer derrière son bureau fétiche n'entraînera pas forcément le déclic tant attendu. Du moins, pas toujours.


Prochain article de la série : "Pourquoi on écrit et comment on n'écrit pas".
Et pour lire l'article précédent : "Écrire : I - La solitude de l'écrivain"

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Source de l'image : Pinterest.