lundi 28 septembre 2015

"Les Aventuriers de la mer", tome 2 : un univers qui nous devient familier

Kyle, désormais aux commandes de la Vivacia, la vivenef récemment éveillée de la famille Vestrit, a décidé de l'utiliser pour transporter des esclaves. Et son impérieuse volonté ne saurait souffrir la moindre opposition. Son épouse Keffria en vient même à douter de son mari quand il veut débaucher leur fille Malta, et obliger leur fils Hiémain à travailler à bord de l'embarcation et à abandonner l'apprentissage qui le destinait à la carrière de prêtre de Sa. Sa belle-sœur Althea, elle, se fait de son côté passer pour un jeune homme et se démène sur le Moissonneur, un navire abattoir. Elle doit prouver à Kyle qu'elle est un véritable marin pour récupérer la Vivacia.

Intrigues familiales, marines et esclavagistes ponctuent ce tome 2, décidément aussi bon que son prédécesseur. L'étau se resserre autour de certains personnages ; quelques-uns doivent d'ailleurs affronter le doute, la douleur, la détresse...
La famille Vestrit est au cœur du roman. Kyle, nouveau chef de famille doué pour semer la discorde et imposer sa présence, prend le commandement de la Vivacia et emmène de force Hiémain, son fils. Kyle, pièce rapportée et personnage caractériel, dans l'ombre duquel vit Keffria. Elle, enfin, commence à s'imposer au milieu des autres. Elle brise l'image de la femme faible qui m'ennuyait dans le tome 1 et dont je parlais dans ma chronique. Vraiment, ça fait du bien.
L'évolution d'Althéa est, à mon sens, la plus flagrante de toutes. Ambitieuse, solide, elle n'hésite pas un seul instant. On comprend aussi à quel point Kennit est un personnage complexe et il arriverait presque que l'on éprouve un soupçon de sympathie pour lui. Il est superbe dans son rôle de pirate chanceux. Quant à Parangon, c'est Parangon, quoi ! Amer et suffisant. Le panel de personnages est très varié. S'ils sont nombreux, ils n'en demeurent pas moins uniques, du salaud parfois charmant à la volontaire, en passant par la veuve prise au piège.
Beaucoup de péripéties dans ce deuxième volet, mais comme toujours, Robin Hobb prend le temps de bien poser les choses. L'univers nous devient ainsi familier.

C'était l'hiver, mais, dans ces îles, c'était un hiver de pluie et de luxuriance végétale. Plus à l'Ouest, les Rivages Maudits se perdaient dans leur manteau de brouillard, habituel en cette saison.

Ma note : ★★★★★

Les Aventuriers de la mer T2 : Le navire aux esclaces – Robin Hobb – roman – France Loisirs collection Piment

Vous pouvez retrouver ma chronique du T1.