jeudi 8 octobre 2015

La joie (mitigée ?) d'une fin de roman

Un peu avant de finir mon roman gothique, on m'a demandé, sur Twitter, si j'étais fébrile à cette perspective. Oui, bien sûr, mais force est de constater que la satisfaction d'un roman bouclé se ternit de texte en texte.
La force de l'habitude ? L'idée, déprimante, qu'après celui-ci, l'écriture ne sera peut-être pas aussi jouissive ? L'idée, surtout, qu'une fois le point final posé, il ne restera que les corrections ou presque. Et chacun, ici, sait que je hais profondément cette étape (moins profondément qu'avant, mais ce n'est pas la grande joie pour autant).


L'envie et le plaisir d'écrire sont toujours là, mais c'est chaque fois un pincement au cœur de mettre ses personnages de côté, au moins le temps de laisser reposer le bébé. On ne le dira jamais assez, écrire est un travail de longue haleine et une cohabitation auteur/perso se forme de jour en jour, de la naissance du projet à son aboutissement et même au-delà (sauf qu'on ajoute alors le lecteur à l'équation). Quand la cohabitation se passe bien, bah, ça se passe bien, quoi (et si un truc rate, rien ne nous oblige à continuer CE récit plutôt qu'un autre). Bref. Envie, plaisir, c'est bien beau, car on en oublierait presque qu'il s'agit d'un travail sérieux, même si on s'amuse comme des petits fous.
La fin d'un roman, c'est un peu 1001 émotions en une : joie, soulagement, nostalgie (oui, déjà !), mélancolie... On a ce petit manque qui nous creuse le ventre, on a l'impression d'être complètement vide, à la fois fatigué(e) d'en être venu(e) à bout et triste que ce soit déjà fini. Et puis, ta pile de projets en attente te tombe sur le coin de la tronche se rappelle à toi et là, tu te demandes pourquoi l'inventeur/trice du retourneur de temps n'est pas encore né(e).

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Source de l'image : Pinterest.