mercredi 7 octobre 2015

"Le mythe de Cthulhu" : le rationnel de l'irrationnel

Partout dans le monde renaissent des rituels hideux, typiques d’un culte blasphématoire que l’on croyait disparu à jamais : le culte de Cthulhu. Les peuplades primitives se révoltent pour adorer d’odieuses idoles à l’effigie de la monstrueuse créature céphalopode, endormie depuis des millions d’années dans sa demeure sous-marine de R’lyeh. Les temps seraient-ils venus ? A travers les Etats-Unis, quelques hommes courageux, comme le professeur Angell, de Providence, l’inspecteur Legrasse et le premier lieutenant Johansen, vont tenter de s’opposer au réveil de Cthulhu. Mais que peut le courage contre une abomination venue d’outre-espace, dont la simple vue suffit à vous faire perdre la raison ?

Chroniquer un Lovecraft n'est jamais une mince affaire, car comment susciter un degré d'horreur fidèle à celui du livre au moins autant que le livre lui-même ? Quoi qu'il en soit, on m'avait conseillé ce recueil, il y a quelques mois, et je ne suis pas déçue.

Je parlais donc d'horreur. Tous les ingrédients y sont : nuits d'orage, maisons isolées (ça revient beaucoup dans l'écriture de Lovecraft, d'ailleurs), abominations... Mais ce qui tisse vraiment l'atmosphère, c'est incontestablement la manière dont l'auteur nous décrit les faits. Il pose les décors, les personnages avec une minutie incroyable, et si certains se plaisent à dire qu'il usait et abusait des qualificatifs, on constate ici tout leur intérêt. L'effet n'aurait pas été le même avec moins d'adjectifs. Ici, on a l'impression d'assister en direct à la scène. Mieux ! D'être le personnage confronté à la peur, au trouble. Le lecteur perd pied avec lui et force est de constater que malgré tout, notre curiosité se rapproche de la sienne. Tout est rationnel malgré l'étrange qui se dégage de ces textes. Chaque action, chaque réflexion. Car les décors seuls ne serviraient pas le récit. Pas aussi bien. Les sombres recoins de l'humanité, de sa raison sont explorés, mis en avant. Le début de la folie, en somme.
Le style est, quant à lui, unique de nouvelle en nouvelle. Racontées à la première personne, toujours, elles ne présentent jamais le même personnage, bien que les intérêts de chacun se rapprochent les uns des autres (curiosité en tête !).

Ma note : ★★★★☆

Le mythe de Cthulhu - H. P. Lovecraft - nouvelles - J'ai Lu - 4€