lundi 23 novembre 2015

Bilan du #NaNoWriMo2015 à quatre mains - partie I/II

Marièke du site Mécanismes d'histoires a répondu présente quand je lui ai proposé d'écrire un article ensemble pour tirer un bilan de ce NaNo 2015. Très vite, l'idée d'une interview croisée sur notre avancée, notre/nos méthode(s) et habitudes s'est imposée.

Logo du NaNoWriMo.

L'une a travaillé sur des articles de blog, l'autre sur des nouvelles imbriquées les unes dans les autres. Deux NaNoWriMo plutôt originaux, en mode NaNo Rebel, mais l'envie et le travail restent présents. Nous vous invitons à entrer dans nos petites têtes bourrées d'idées.


Marièke : Qu'écris-tu habituellement et qu'écris-tu pour ce NaNo ?

Aude : J'écris surtout de la SFFF, plutôt fantastique et de plus en plus de science-fiction. Je prends plusieurs idées, je les mets dans une essoreuse à salade et pouf ! ça donne généralement un projet qui n'a pas de genre spécifique.
Pour le NaNo, j'étais partie sur un recueil de nouvelles imbriquées les unes dans les autres, sauf que des idées de nouvelles SF se sont pointées et donc, je pars dans plein, plein de trucs en même temps. Un grand n'importe quoi, mais un grand n'importe quoi qui aboutira, contrairement aux années précédentes.

Marièke : Tu avais déjà fait le NaNo ?

Aude : C'est ma cinquième participation et aucun des chantiers précédents n'est prêt à partir en soumission. Et donc, je te retourne la question, car il faut bien que tu présentes ce sur quoi tu planches pendant ce NaNo : qu'écris-tu ?

Marièke : Alors, je triche un peu cette année pour le NaNo puisque je ne rédige que des articles de blog et un début d'e-book technique. J'ai commencé mon blog il y a six mois et j'ai du mal à concilier écriture et blog. Du coup, je voulais prendre un peu d'avance. C'est vraiment différent de travailler sur des articles courts plutôt que sur un projet long car on a l'impression de moins partir en vrille.

Aude : C'est donc un NaNo qui te permet d'apprendre de toi-même, du coup ? Dans le sens où ça concerne toujours l'écriture, mais sous une autre forme...

Marièke : On apprend toujours en écriture il me semble. Mais oui, je découvre et je développe ma capacité à écrire des articles en série, sans m'inquiéter des éléments qui sont flous ou de l'orthographe : ce sera pour une relecture ultérieure.
Ce qui est violent c'est que je publie au cours du mois de Novembre des articles écrits durant le NaNo... du coup, j'oublie la règle du Ne pas revenir en arrière / Ne pas éditer. Que penses-tu de cette règle ?

Aude : Le NaNo est, pour moi et cette année plus encore, un immense terrain de jeu. Donc, revenir en arrière casserait un peu le "truc", le détail qui fait de cette expérience ce qu'elle est. Je conseillais justement sur le blog, à celles et ceux obsédés par les défauts de fabrication, de les oublier un peu et de se mettre enfin à écrire pour de bon, sans se soucier de ce qu'il y aura après, car ça arriver bien assez tôt.
Ton immersion dans ta série d'articles est-elle la même que pour un écrit de fiction ou fonctionnes-tu différemment ?

Marièke : C'est vraiment différent. Je suis plutôt une planifieuse : j'aime savoir à peu près où je mets les pieds... mais il y a toujours un moment où la fiction dérape du plan initial et nous force à prendre des décisions non planifiées... (enfin, chez moi, ça finit toujours par partir en vrille ^^') Alors que les articles, à partir du moment où j'en ai les titres, sont bien plus canalisés car plus courts. Forcément, l'immersion est différente. Elle est moins forte que pour de la fiction.
Comment fonctionnes-tu ? Es-tu du genre à écrire chaque jour ou à te réserver de longues plages horaires pour abattre un max de travail ?

Aude : J'aime écrire tous les jours et ne surtout pas écrire par petits bouts, car j'ai besoin de plusieurs minutes pour me remettre dans le bain. Dans l'idéal, je préfère avoir deux heures devant moi. A contrario, je ne saurais pas écrire plusieurs heures d'affilée, encore moins faire une nuit blanche passée à écrire !

Marièke : Jusqu'à présent, que t'as appris ce nano sur toi ? Est-ce différent des autres années ? As-tu l'impression de t'améliorer

Aude : Que je suis toujours capable d'écrire de manière régulière ! C'est très différent des autres années, car j'ai failli ne pas participer à cause d'un gros problème de concentration. C'est un peu l'année où soit je m'y remettais sérieusement, soit je laissais tomber ce défi. J'espère que je m'améliore, mais l'amélioration est très relative par rapport aux lecteurs. Comment as-tu appréhendé ce NaNo un peu particulier ?

Marièke : Très facilement en fait. Vu que j'ai réussi avec beaucoup d'avance l'année dernière dans des conditions similaires (beaucoup de transports, travail durant la semaine et weekend libres de temps en temps), je savais que je m'en sortirais sans trop de difficulté. C'est d'autant plus vrai que rédiger des articles est moins impliquant que rédiger une histoire émotionnellement.

Aude : En parlant d'émotions, as-tu besoin de connaître/d'avoir déjà ressenti celles de tes personnages pour les écrire ?

Marièke : Non, mais c'est un peu bizarre. Je peux écrire tout un premier brouillon sans être exactement sûre de qui sont mes personnages. Mon premier brouillon sert à ça, à les découvrir et à les comprendre. Je ne suis pas du genre à faire vivre mes personnages en moi des semaines et des semaines avant l'écriture par contre, durant l'écriture, il arrive que mes personnages prennent leurs propres décisions.

Aude : Pour ou contre l'émancipation de tes persos ?

Marièke : Je préfère qu'ils s'émancipent car c'est à ce moment là que je capte leur vrai caractère... (En général, je réadapte l'histoire et le plan à partir de ce que je découvre sur eux). Et toi ?

Aude : Ça dépend vraiment du personnage. L'emmerdeur de service qui s'émancipe, bah, il remplit bien son rôle dans le sens où il m'emmerde comme il faut. Globalement, je ne suis pas contre un peu de surprise.

Marièke : Tu fonctionnes avec un plan ?

Aude : La plupart du temps, oui, mais pas de fiches pour les personnages, car je les connais déjà bien avant d'entamer les préparations.

Marièke : Juste, avant de conclure, est-ce que tu autorises tes personnages à plus de divagation parce que c'est le NaNo et qu'il faut des mots ou est-ce que tu gardes la même rigueur que d'habitude ?

Aude : Le NaNo est surtout le moment de l'année où je teste des trucs (comme des nouvelles imbriquées, cette année), mais les divagations, c'est toute l'année.

Marièke : À combien de mots en es-tu ? Penses-tu finir dans les temps ?

Aude : 30000 et des brouettes et oui, je finirai dans les temps. Ce n'est même plus une surprise, alors la vraie question serait plutôt "est-ce que va donner quelque chose de concret, cette année ?" Et toi ?

Marièke : J'en suis à 27000 et des cacahouètes et normalement, je devrais aussi m'en sortir dans les temps. Pour ma part, pas trop de surprise : ça donnera des articles exploitables pour les prochaines semaines. Pour la deuxième moitié du NaNo, j'aimerais me concentrer sur le e-book.
Fais-tu des choses pour que ça donne quelque chose de concret ? Ou ne changes-tu rien à tes démarches d'écriture habituelles ?

Aude : Mes premiers jets de NaNo sont très rarement exploitables et ce jusque dans les idées. Le tout premier roman écrit pendant le NaNo est à peu près potable, mais les autres sont en cours de remaniement intensif et de réécriture. J'ai changé une chose : maintenant, je bosse avec un plan.

Marièke : Oui, c'est un changement majeur.

Aude : Yep.

Marièke : On se reparle dans deux semaines pour voir ce que ça donne ? Ton roman sera terminé en 50 000 mots ou pas ?

Aude : Étant donné que j'ai plusieurs trucs sur le feu, il en faudra bien plus !
On se retrouve dans deux semaines pour la suite et fin des festivités.