vendredi 20 novembre 2015

#NaNoWriMo2015 : la concentration

Après le synopsis, la Muse, j'en passe et des meilleures, place à une nouvelle drôle de bête : la concentration. Mon dictionnaire la définit comme suit : n.f. Action de se concentrer, d'appliquer fortement son attention et ses facultés intellectuelles à un même objet. Alors, oui, n'en déplaise à certaines personnes qui se persuadent qu'écrire, c'est pour les feignasses, on se concentre, donc action. CQFD. Comme tout ce qui découle de l'écriture, me direz-vous.
Concrètement, à quoi doit se préparer l'écrivain qui manque de concentration et qui aimerait en (ré)acquérir ? À un changement de taille dans son écriture, qui ne consiste pas à voir les mots couler tout seuls sur le clavier (non, non), mais à une meilleure accessibilité au processus créatif. Qu'est-ce que c'est que ce charabia ? Je m'explique.


Le manque de concentration peut intervenir à chaque étape, qu'il s'agisse des recherches préparatoires, des fiches-personnages, de la rédaction du synopsis ou même de l'agencement des idées. Dans ce cas, celles-ci paraissent toutes absolument géniales et nécessaires à l'intrigue, sauf que... pas du tout. Se disperser est le propre de la personne qui éprouve une baisse de concentration. Prendre des notes, oui. Essayer de tout intégrer ou presque à son texte, non. Mauvais plan. Vraiment.
Pourquoi ces idées semblent-elles être si fantastiques ? Parce que votre dispersion passe par vos activités. Vous jonglez sans doute entre les unes et les autres avec toujours le même intérêt, mais force est de constater que cet intérêt diminue très vite. Vous enchaînez donc sur autre chose. C'est pareil avec l'écriture. Sans le remarquer, votre manque de concentration impacte la "vie" de vos personnages et inconsciemment, vous le leur transférez. C'est ainsi qu'on se retrouve avec un perso parfaitement ingérable, intenable, un sacripant de la page noire qui fera les quatre cents coups d'un paragraphe à l'autre sans qu'il y ait de réelle utilité à cela.

Une fois l'insuffisance ou l'absence de concentration constatée, le choix d'y mettre un terme ou non vous revient. Tout un tas de facteurs entrent en ligne de compte :
  • bruits (travaux, pluie, ronflements de l'animal de compagnie, personnes autour de vous...) ;
  • onglets de navigateur Internet (de recherches de dernière minute pour votre manuscrit, chat, musique...) ;
  • sollicitations extérieures (le chien demande à sortir, le chat a fait une grosse bêtise qui nécessite de nettoyer, votre conjoint(e) ne retrouve plus sa paire de chaussettes porte-bonheur...).
Pour certain(e)s, rien n'est plus agaçant
que le tic-tac d'un réveil
(source).


Dites-vous bien que vous ne pourrez pas faire sans certains bruits qui vous entourent ni sans les onglets de recherches de dernière minute, car même avec une bonne préparation du texte, il nous arrive toujours d'avoir un doute affreux au mauvais moment. Il se peut même que quelques-uns de ces sons soient/deviennent un moteur à votre créativité. Ne les négligez donc pas. J'ai d'ailleurs pu tester une application super à ce sujet : focus@will, que l'on m'avait conseillée. N'hésitez pas à essayer, il y a de tout au niveau sonore, en passant par la musique d'ambiance et des sonorités qui peuvent paraître tout à fait anodines (celle de l'eau, par exemple).
Il existe également des logiciels spécialisés dans l'écriture sans distraction : BookWrite (traitement de texte minimaliste, mais je n'ai jamais testé), le fameux Write or Die... Le meilleur conseil que je puisse vous donner à ce sujet est de zieuter sur le Net, de dresser une liste avec les pour et les contre ou mieux, de voir ça pour vous-mêmes.
Pour le reste, tentez des mélanges, faites des expériences en fonction de l'heure, de votre humeur, du jour... Des choses devraient finir par émerger de tout ça.

Mais revenons-en deux minutes à notre NaNoWriMo, si vous le permettez, avant de conclure. Car c'est bien beau d'établir des pistes, de pointer des évidences, mais un facteur non négligeable intervient en cours de NaNo chez certaines personnes : le stress. À cela s'ajoute l'impression de mal faire, de défi impossible, de sous-estime par rapport aux autres participants (mais nous en avons déjà parlé dans l'article dédié aux défauts de fabrication).