mardi 24 novembre 2015

#NaNoWriMo2015 : le pouvoir du papier

J'ai parlé, dans un récent article de blog, des blocages liés à l'effet instantané du NaNo, à savoir, entre autres, de ne pas s'interroger pendant des heures sur la tournure d'une phrase ou l'efficacité d'une idée avant de reprendre l'écriture. C'est donc naturellement que j'en viens aujourd'hui à vous livrer l'une de mes solutions miracle (mais genre, vraiment miracle, me concernant) : le papier. En effet, rien de tel que le bon vieux duo papier/crayon pour relancer la machine. Ça commence souvent avec de la prise de notes et à la fin, je me retrouve avec des scènes réécrites et, surtout, détaillées. Celles et ceux qui me connaissent savent à quel point les descriptions ne sont pas mon fort. Ils/elles savent aussi que je ne jure que par les carnets et les cahiers, et que les papeteries sont mes paradis sur terre.



J'ai écrit une grosse partie de mon NaNo à la main et je me suis amusée à comparer les textes tapés directement et ceux manuscrits, puis retranscrits. Le constat est sans appel : les seconds sont plus aboutis et mieux formulés, alors qu'il s'agit aussi d'un premier jet. Je ne m'explique pas cette différence. Pas vraiment. Je sais qu'au moment de retranscrire, je me mets un peu en mode détecteur de fautes et d'incohérences, mais rien de très poussé. J'en déduis donc que j'effectue un vrai travail de soin au cours de mes premiers jets manuscrits. J'écris pourtant vite, à la main. Surtout, je n'ai pas l'impression de travailler différemment que sur Améthyste (oui, c'est le petit nom de l'ordi portable).
J'ai repris, il y a deux ans, le travail exclusivement sur l'ordinateur, à l'occasion de mon premier Camp NaNoWriMo. Résultat : 104000 mots. Tout poubelle, ou presque. Je suis en train de remanier les grands axes de ce texte afin de l'intégrer à mon Opération Cosmocéphale, car ils s'y prêtent parfaitement. 104000 mots quasiment partis en fumée, donc, puisque par grands axes, j'entends surtout psychologie des personnages et contexte. Le reste ne valant pas un kopeck, et réitérant "l'exploit" en juillet (ou août ?) de la même année pour le second Camp, j'ai décidé d'en revenir à mes bonnes vieilles habitudes (ce qui me ramène douze ans en arrière, outch !) : papier/crayon.

Et je ne suis pas peu fière du résultat. Certes, j'écris moins, mais mieux. Mes premiers jets ne ressemblent plus à d'infâmes torchons (hormis quelques nouvelles, mais ceci est un cas vraiment à part) et j'appréhende les corrections, quelles qu'elles soient, avec plus de sérénité et même de plaisir. Si, si ! Incroyable, n'est-ce pas ? Je commence enfin à réaliser le contentement de certain(e)s dans la réécriture et les corrections. Je commence enfin à y trouver mon compte, car qu'est-ce qui est mieux que de retrouver des personnages que l'on adore pour les améliorer, les développer, leur donner une seconde vie, en quelque sorte ?
Écrire sur papier m'a fait prendre conscience de certaines choses et habitudes, et je ne doute pas d'en apprendre encore beaucoup à l'avenir. L'autre jour, je parlais de routine d'écriture, mais bien sûr, lorsque cela s'avère nécessaire, n'hésitez pas à casser vos propres codes et à faire de nouvelles expériences. À ce titre, je remets ici l'image du mantra de l'écrivain que j'avais créée au début de l'année.