jeudi 25 février 2016

Ma méthode du flocon revisitée avec le #ProjetPlume, partie III

Je vous parle souvent de ma prochaine publication (nom de code : "Hiver muet"), mais assez peu de mon roman fantastico-historique en cours : le #ProjetPlume. Après une longue préparation de trois mois, j'ai enfin commencé à l'écrire le 1er février. Pourquoi une si longue prépa ? Je vous en parle ici, car je vais profiter de ce chantier pour aborder avec vous ma nouvelle méthode de travail (et je la trouve GÉ-NIALE).



Dans les articles précédents dédiés à cette série floconneuse, j'ai abordé l'écriture du résumé par deux fois. Il est temps de passer aux personnages, à leur caractère, leurs habitudes, leurs ennuis et leurs histoires.
Pour le #ProjetPlume, j'ai commencé à me poser tout un tas de questions relatives à mes personnages. Comment penseraient-ils ? À quoi penseraient-ils ? Quel serait leur cheminement personnel ? Avant, je m'interrogeais surtout pendant l'écriture, ce qui influençait beaucoup les changements de dernière minute. Concernant le #ProjetPlume, je peux dire que jamais je ne me suis autant tenue à un plan de travail.

Qu'est-ce qu'un bon personnage ?

Je n'ai pas la prétention de dire que je sais ce qu'est un bon personnage, mais je peux au moins affirmer qu'il est/sera unique. Si vous pompez la moitié de ses caractéristiques à un autre déjà existant parce que vous trouvez que ça colle bien, soit ça se sentira à un moment donné, soit ledit perso vous échappera totalement, car pas vraiment créé par vous (en plus, il serait malhonnête de piquer ailleurs ce que vous êtes capable de concevoir).
Un bon personnage sera gentil, méchant, rusé, effronté, espiègle, vantard, facétieux, complexe, drôle, antipathique, rustre, cultivé...
À celles et ceux qui, pour distinguer le "gentil" du "méchant", sachez que parfois, il n'y a ni l'un ni l'autre. Pas vraiment. Ce qui nous amène au point suivant.

Le Bien et le Mal

Un classique, n'est-ce pas ? Tant que l'on pourrait mettre un C majuscule. Le Bien et le Mal, l'opposition parfaite, celle qui tranche d'avance pour l'auteur et pour le lecteur. Eh bien, il arrive qu'il n'y ait pas de camp des gentils ni de camp des méchants, certains personnages étant persuadés d'œuvrer pour le bien de tous, alors qu'ils se plantent royalement. Ils n'ont pas un mauvais fond, mais constituent des antagonistes de choix. Complexes, indécis, réticents ; leurs réactions sont plus inattendues que celles d'un gentil ou d'un méchant à part entière. Dans la vie, rien n'est tout noir ou tout blanc. Dans votre texte, c'est exactement pareil. Pensez multiplicité des enjeux, des objectifs et rendez ainsi la lutte plus savoureuse encore. Ajoutez des questionnements, des changements de dernière minute, mais toujours réfléchis. Attention à ne pas en profiter pour faire n'importe quoi ; votre perso suivra malgré tout une logique que le lecteur devra saisir. Son identité entre ainsi en ligne de compte. Elle est lui, il est elle et celle-ci le forge d'une certaine manière.

L'identité

Nom, prénom, âge, sexe, mais aussi que représente le personnage pour lui/les autres ? Un génie, un boulet, un emmerdeur, un monstre (d'égoïsme ou pas), un amant, un pervers, un mauvais perdant... La liste est très, très longue et vous pouvez piocher dedans à loisir. Comme dit au paragraphe précédent, les persos tout blancs ont le droit de posséder une part d'ombre et vice-versa. Un méchant qui ferait preuve d'humanité, qui respecterait les règles de la bienséance ? Mais oui !
La prise de position des personnages impliquera leur identité : enfant abandonné, enfant porteur d'un gène particulier, fils/fille de roi, demi-dieu, être réincarné... Il existe tout un cheminement qui amènera votre héros/anti-héros/antagoniste du point A au point Z et n'hésitez pas à le faire passer par toutes les lettres de l'alphabet si besoin est. Mais si je prône le personnage multiple, complexe, torturé, évitez néanmoins d'en faire des tonnes ou de multiplier les personnalités (il n'existe pas de meilleur moyen pour perdre le lecteur et l'empêcher de s'attacher).

La crise identitaire

Personnellement, j'appelle le point souligné au-dessus la crise identitaire. Le perso peut la vivre tout seul comme un grand (il hésite, par exemple, ou la force des choses le pousse à commettre des actes dont il ne se serait jamais cru capable). Autre possibilité : c'est l'auteur qui encaisse et là, ça devient plus compliqué.
On ne sait pas toujours où on veut aller, où on veut mener nos personnages et on ignore si certains s'émanciperont. Bien que tout prévoir soit la méthode la plus à même d'éviter ceci, nous ne sommes pas à l'abri d'un changement. Parce que si nos êtres fictifs évoluent, nous aussi, et il s'écoule parfois du temps entre l'écriture d'un début, celui d'une fin ou d'une correction.
La crise identitaire n'est pas forcément une mauvaise chose. Au contraire, elle permet d'apprendre à s'écouter, à réfléchir sur ce qui nous convainc dans une idée et l'on sait tous qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Sans dire qu'il est primordial que vos personnages se libèrent de votre plume, en quelque sorte, il me paraît intéressant de les affranchir à un moment ou à un autre. La spontanéité, ça a parfois du bon et tous les actes, toutes les décisions ne sont pas programmables à l'avance. Tant que vous ne tripatouillez pas aux origines ou aux bases de vos persos toutes les cinq pages, vous devriez réussir à gérer.

Les origines

Parlons-en, justement ! Pas au sens strict du terme (enfin, si, mais ce serait foutrement plus intéressant de ne pas se limiter à ça).
Ceci est un vaste sujet : racines de loup-garou, vie antérieure, cas de possession, entité/parasite intelligent(e)... Ne liez pas forcément vos personnages à la terre ; les sans attaches, c'est bien aussi. L'importance que vous leur donnez, le rôle que vous leur attribuez, la manière dont leurs portraits se dessinent dans votre tête sont autant d'aspects de leurs origines. Leur mémoire est un outil indispensable qui vous permettra de raccorder certains wagons, de légitimer certains choix. Les origines sont ce qui construira vos persos, qui les rendra plus forts, les affaiblira ou les troublera. Elles nourriront leur but et lui donneront un sens.

Le but

Il doit correspondre au perso, ne pas jaillir de nulle part, ne pas être trop compliqué à atteindre ni trop simple. Posez des enjeux, intéressants, c'est mieux. Confrontez votre panoplie de personnages à ses peurs, à ses espoirs (quand la réalité leur revient en pleine figure), à sa nature, à ses secrets... Gardez son évolution à l'esprit, car elle découlera de son/ses objectif(s) et des moyens employés – tant par vous, l'auteur, que par le perso en question – pour y parvenir.
Une certaine cohérence entre vous et vos marionnettes de papier doit subsister, quand bien même certaines d'entre elles s'émanciperaient (on y reviendra dans le prochain article, sorte de grosse parenthèse). Ne sortez pas des péripéties de votre chapeau.


Les actes

Passés ou à venir, ils résultent d'une prise de décision qui correspondra au caractère/à la nature des personnages (un(e) lâche qui fuirait devant le danger, fidèle à lui/elle-même ou qui se surpasserait ?). Ils incluront des conséquences (un pessimiste qui prendrait tout par-dessus la jambe parce que le destin a une dent contre lui ?)...
Les actes constituent le plus gros d'un texte. Négliger leur façon de s'imbriquer, de se compléter nuirait à sa cohésion. Néanmoins, l'homogénéité n'implique pas une constante d'un bout à l'autre du récit. Des moments forts sont requis.


Pour conclure, pensez variété avec des personnages de couleur (en évitant les clichés de qualification, merci), excentriques... N'hésitons pas à casser quelques codes !


Voici quelques fiches prêtes à remplir que je vous invite à imprimer (il y a encore deux, trois petites choses plus bas).













À noter que parmi les types de personnages, nous trouvons aussi : le petit peuple, les démons, les parasites intelligents, les dragons, les nymphes, les sirènes, les djinns, les golems, les centaures, les minotaures, les incubes/succubes, les génies, les zombies...


Je me suis dit qu'un livret pour compléter et à trimballer partout serait le bienvenu, alors servez-vous !




Pour aller plus loin, je vous laisse avec deux articles de l'année dernière :
> Sentiments et émotions ;
> La caractérisation de ses futurs personnages.

Je rappelle aussi que vous pouvez suivre les bavardages autour de cette série d'articles sur Storify (et si vous en parlez de votre côté, n'hésitez pas à me le faire savoir pour que j'ajoute ceci).



Prochain article : Ma méthode du flocon revisitée avec le #ProjetPlume, partie IV.


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