samedi 13 février 2016

Se déconnecter pour accroître sa productivité ?

Si mes trois jours loin des réseaux sociaux, début décembre, et particulièrement de Facebook m'ont appris une chose, c'est que déconnectée, je suis plus productive. Alors, oui, des petits malins me diront "forcément !". Sauf que non, car il y a connecté(e) et connecté(e). Premier cas de figure : les autres nous entraînent dans leur folie des mots et les voir aligner autant de phrases nous motive à un point que l'on ne soupçonnait pas. Second cas : côtoyer ces mêmes autres nous ralentit pour des raisons diverses et variées (ils abordent des sujets utiles, mais dont on se passerait bien, avec cette impression de ressasser toujours les mêmes informations, par exemple). Ne mentez pas, je suis sûre qu'ici, il y en a au moins quelques-uns qui ont déjà eu ce ressenti vis-à-vis de leur TL ou de leur fil d'actu.

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ON/OFF

Pas de "course" au like, pas de conversation relative à tout et n'importe quoi (même si ça fait du bien de temps en temps, à un moment, stop, quoi). Soucieuse de ma productivité qui s'annonçait en baisse, couplée à un besoin de m'éloigner des réseaux, j'ai choisi de tester la fonction qui consiste à désactiver son compte Facebook. J'ai dit désactiver, pas supprimer. Et outre le fait que ça m'ait permis de me recentrer sur l'essentiel, j'ai surtout compris l'intérêt de la chose : pas de compte, donc pas de possibilité de publier, donc pas de like ni de commentaire. Rien du tout. Nada. Le néant. Et parfois, le néant procure un bien fou.
Je ne vous cacherai pas que certaines personnes m'ont manquées. En-dehors de ça, j'ai bénéficié d'un gain de temps qui m'a permis d'avancer presque deux fois plus qu'habituellement. Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais c'est incroyable le temps fou que l'on passe sur
les réseaux ! Enfin, moi, en tout cas. Étant seule à la maison toute la journée, il est vrai que je la ponctue de nombreuses visites. Ainsi, j'ai l'impression de parler vraiment (entendez par là : parler à quelqu'un d'autre qu'au chien ou aux murs).
Mais il existe plusieurs manières de se déconnecter : celle, au sens propre du terme, qui consiste à ignorer les réseaux sociaux et celle qui permet de se "débrancher" du monde extérieur (de manière plus ou moins importante).

Vers un état de conditionnement pour écrire ?

Se déconnecter, donc, du monde extérieur pour accroître sa productivité ? Apprendre à oublier ce que nous avons lu récemment, à filtrer les informations, car certaines pourraient s'avérer utiles ? Apprendre aussi à bloquer ses pensées pour ne se concentrer que sur le texte en cours ?
Si la phase de recherches et l'élaboration du récit permettent de partir dans tous les sens (dans une moindre mesure, en tout cas), l'écriture en elle-même nécessite une auto-discipline rigoureuse. J'en ai souvent parlé sur ce blog ; je ne reviendrai pas là-dessus. L'esprit doit-il se conditionner pour permettre une productivité optimale ? Et qu'est-ce qu'une productivité optimale dans le cas qui nous intéresse ? On a le choix entre : écrire plus, mais jeter/remanier davantage et écrire moins/plus longuement, mais mieux. Je crois que ça dépend vraiment de l'écrivain, du projet. Une fois de plus, les facteurs imposent de s'établir un plan de bataille, qu'on le veuille ou non, qu'on le note quelque part ou non, que l'on s'en rende compte ou non.
Dès lors, il devient intéressant de s'interroger sur ce qui fait notre productivité et sur les manières de l'optimiser. Alors que certain(e)s préfèrent se couper du reste du monde, d'autres ont besoin de ce contact qui, d'une certaine façon, les nourrit. Au pire, ceux-là ne s'aperçoivent du bruit autour d'eux que quand ils émergent de leur texte.


Prochain article : "De l'importance de bien se documenter".