vendredi 4 mars 2016

Et moi, et moi, et moi : l'ego surdimensionné d'un(e) auto-édité(e)

Voici des informations de premier choix que je commence à trop souvent croiser au cours de mes pérégrinations sur le Net. Comme je suis gentille (et parce que je suis auto-éditée, forcément, je prêche un peu pour ma paroisse), je vais essayer de vous résumer ça. Avec un peu de second degré, car ça déride. Primo, pour vous éviter de (re)tomber dans le panneau. Secundo, pour que votre crâne ne se laisse pas farcir d'idées reçues.



Idée reçue N°1 : les auteurs indépendants ont vu leur manuscrit refusé partout où ils l'ont envoyé (et croyez-moi, les doigts et les orteils suffisent rarement pour les compter !). Ils n'ont essuyé que des refus pour leur bébé. Leur génie reste incompris. Dans le meilleur des cas, l'éditeur a osé soumettre des corrections à effectuer dans le manuscrit.

Idée reçue N°2 : les auteurs indépendants sont de gros frustrés. À force de refus, naturellement.

Idée reçue N°3 : un auteur indépendant le devient pour l'argent, surtout s'il est déjà publié à côté (une preuve que l'on est capable de passer par le circuit traditionnel, mais qu'on en a jamais assez ?).

Idée reçue N°4 : les auteurs indépendants détraquent le circuit traditionnel et le décrédibilisent. Euh, ledit circuit se fait déjà assez de mal tout seul, non ?

Idée reçue N°5 : les auteurs indépendants décridibilisent en fait tous les auteurs qui publient à compte d'éditeur (nous sommes le centre caché du monde et notre objectif secret est de ruiner les efforts de tous les autres).

Idée reçue N°6 : un auteur indépendant publie forcément d'infâmes bouses. Il ne bénéficie pas de l'avis d'une tierce personne (ici, l'éditeur, mais c'est faux, car des tierces personnes capables d'éclairer la lanterne d'un indé, il en existe des tas). Il ne s'occupe pas des coquilles, si ça se trouve, personne ne les remarquera et puis, n'oublions pas que l'indé est un génie dans l'âme.


Loin de moi l'idée de défendre tous les indés, car des livres mauvais, il y en a et pas qu'un peu. Seulement, de là à mettre tous ses œufs dans le même panier et à "proclamer" les indés comme le fond de ce même panier, non. Il y a un moment où chacun doit apprendre à faire la part des choses et à forger sa propre expérience. Bien qu'il soit délicat de séparer le bon grain de l'ivraie en matière d'auto-édition, les indés et hybrides aspirent souvent à d'autres choix et à de nouvelles idées, ce qui justifie leur volonté d'auto-éditer.
Alors, que ce soit bien clair : un indé, s'il publie aussi pour l'argent (ne nous voilons pas la face), est surtout quelqu'un qui ne mise pas tout sur le même cheval et qui a choisi d'aller de l'avant plutôt que de contorsionner certains récits pour qu'ils rentrent dans les cases des éditeurs. Parce qu'il arrive parfois (souvent ?) qu'un manuscrit ne soit pas étiquetable, malgré les efforts de certaines maisons pour ouvrir leurs portes à des récits toujours plus innovants et diversifiés.
S'il vous est arrivé de croiser des auto-édités imbus de leur personne, des parasites (ce que j'envisage tout à fait), sachez qu'il en existe aussi de l'autre côté, chez les tradi. Des vantards, des vautours, des égocentriques... les indés et auteurs hybrides ne détiennent pas le monopole, désolée. Pour ce qui est de l'égocentrisme, notez qu'il en faut un chouïa pour oser croire que son manuscrit est susceptible de plaire à un éditeur ; je conseillerais donc à certaines personnes de revoir leur copie à ce sujet.