mercredi 6 avril 2016

La femme à travers les siècles, partie 2/6 : la femme à l'aube du Nouvel Empire

Après le 8 mars, j'ai choisi d'articuler une série d'articles sur la femme à travers les siècles.
Elles ont marqué leur époque, gouverné un royaume ou défendu leurs libertés. Assurément des femmes de volonté, d'instinct. Elles ont évolué dans un milieu d'hommes, sont montées sur le trône. Têtes couronnées, abandon du corset, influence politique... Durant plusieurs semaines, vous découvrirez Aspasie, Néfertiti, la fée Morgane, la reine Victoria, Gertrude Stein et Simone de Beauvoir. Les parcours de ces femmes hors du commun sont autant de sources d'inspiration pour les écrivains, alors profitons-en pour botter une bonne fois pour toutes le cul aux clichés !

Source : Wikipédia


Le nom de cette reine à la beauté légendaire vous dit sûrement quelque chose. Son célèbre buste (ci-dessus) aussi. Et si le sien non, celui d'Akhénaton, parfois surnommé le pharaon hérétique, lui, oui.

Des origines floues

On ne sait pas vraiment d'où vient Néfertiti, s'il s'agit d'une princesse étrangère, d'une Égyptienne de petite noblesse ou, plus improbable, de la sœur d'Akhénaton. On ignore quand et pourquoi ce dernier l'a épousée, mais une chose est sûre : Néfertiti était étroitement liée à la vie politique de son mari, à la fin de la XVIIIème dynastie.

Une épouse royale

Les représentations amarniennes de Néfertiti ne manquent pas. On la voit ainsi manger aux côtés de son époux, dans des cérémonies officielles, auprès de la reine Tiy... Ce sont néanmoins les dernières années du règne d'Akhénaton qui font d'elle l'épouse royale que nous connaissons aujourd'hui.
Quelques années avant la mort du pharaon, elle se sépara de lui, occupant un palais et ceci, sans être pour autant répudiée. Elle occupa de la sorte les fonctions souveraines comme en attestent certaines représentations. Ainsi, vêtue d'un pagne et portant sa couronne, Néfertiti menace d'une massue un ennemi du nord de l'Égypte, qu'elle tient par les cheveux. Elle occupe alors une fonction guerrière pour laquelle aucune autre reine, pas même Hatshepsout, n'a été représentée.

La période amarnienne

Pour situer un peu et donner tout son sens au rôle joué par Néfertiti, parlons un peu de la houleuse période amarnienne (du nom de l'actuelle Tell-el Amarna, ancienne Akhetaton, capitale égyptienne pendant le règne d'Akhénaton).
Si, quelquefois, on appelle Akhénaton (aka Aménophis IV) le pharaon hérétique (ou maudit), c'est par rapport à son règne, qui sema une belle zizanie au sein du culte en Égypte. Le pays est alors polythéiste et on n'a pas assez des doigts de mains et de pieds pour compter tous les dieux et leurs dérivés (oui, ça devient vite très compliqué). Mais Akhénaton, lui, entretient une sorte de lubie et il va l'appliquer : le monothéisme. Il instaure ainsi le culte du dieu solaire et unique : Aton (qui remplace donc Amon (il y a une histoire d'association avec Rê suite à une victoire sur les Hyksos pendant la XVIIIème dynastie, mais là encore, ça devient vite très compliqué)).
Les origines d'Aton sembleraient antérieures au règne d'Akhénaton et remonteraient à celui de son père, Aménophis III, ce qui aurait poussé le premier à lui vouer un culte. Mais revenons à notre épouse royale, qui évolua dans un pays aux nombreux changements : on abandonna la capitale, Thèbes, pour bâtir Akhetaton, on confisqua les biens du clergé au profit de l'État...
Après la mort d'Akhénaton, son fils Toutânkhamon (oh, un nom connu !) renie le culte monothéiste et on oublia vite Aton. De là à dire que l'ancienne souveraine, toujours en vie, aurait gouverné dans l'ombre de celui qui était le fils d'Akhénaton, il n'y a qu'un pas.







Et je reçois un sourire, des ressources d'écriture, des trucs et astuces et des printables...