mardi 24 mai 2016

Auto-édition et alternatives à l'édition classique, partie III

Ce mois-ci, on parle autoédition et alternatives à l'édition classique. Aujourd'hui, Kailyn Mei, auteur hybride, nous parle de son choix quant à l'autoédition.



Je me suis lancée dans l’auto-édition du Roi des tréfonds presque sur un coup de tête tout en connaissant le domaine de l’édition. Je venais de sortir Union mortelle pour un vampire au Petit Caveau et je voulais proposer un second roman pour septembre 2015, car j’avais alors trois salons de prévus pour la fin de l’année : Aventuriales, Valjoly’maginaire et Festiv’art (malheureusement, j’ai dû annuler le dernier). Heureusement, j’ai pu compter sur certaines personnes du Petit Caveau pour m’aider à la relecture, sur Fleurine Rétoré pour la couverture et sur mes propres compétences en mise en page et création d’ebook, ce qui a simplifié beaucoup de choses. Ensuite, il m’a suffi d’envoyer les fichiers sur les services de distribution que j’avais choisis.
Côté numérique, je n’ai eu aucun problème avec KDP… ce qui explique sans doute leur monopole. J’ai tenté Smashword, mais la plate-forme, bien que ciblant aussi certains canaux mondiaux/européens, ne permet de fixer le prix qu’en dollar : résultat, votre prix en euro joue le yoyo en fonction du taux de change et KDP, qui tient à avoir le même prix, s’aligne automatiquement vers le bas… Or, la Fnac, desservie par Smashwords via Kobo est… très lente à mettre à jour les prix si une fluctuation est constatée. J’ai galéré pendant presque un mois à faire rectifier la fiche de la Fnac, mois durant lequel l’ebook est resté à 0,99 € au lieu de 2,99 €. Je ne republierai plus jamais rien sur Smashwords…
Côté papier, j’ai utilisé Lulu, car pour les tirages riquiqui que je souhaitais (15 à 20 exemplaires par tirage), c’est le meilleur que j’ai pu trouver (notez que le service d’Amazon n’avait pas le format que je voulais). L’avantage de Lulu, c’est d’offrir régulièrement des promotions sur l’impression, ce qui fait drastiquement baisser le prix…
Côté streaming gratuit, j’ai proposé l’intégralité du roman sur Wattpad.

J’ai vendu presque 200 exemplaires du Roi des tréfonds, ce que j’estime être un joli succès pour un roman d’horreur gay d’une auteure inconnue. J’ai surtout vendu en numérique. Pour le papier, les salons sont un gros coup de pouce. Depuis peu, des lecteurs de Wattpad me demandent aussi une version papier.
Pourtant… je ne pense pas rééditer de cette façon avant longtemps, sauf pour la suite et fin de ce roman. Pourquoi ? La fiscalité des auto-entreprises. Ma ville me demande au minimum 500 € par an de taxe quel que soit mon CA. Le code APE des autres créations artistiques permet de s’exonérer, mais encore faut-il l’obtenir ! Et pour l’avoir eu la première fois où j’ai créé une AE, il y a quelques années, je peux vous dire qu’ils ne vous lâchent pas pour autant… ! J’ai justement supprimé cette AE à cause de ça. Depuis peu, il faut aussi un compte en banque (souvent payant) séparé du compte courant. Les cotisations sociales sur le CA (et non le bénéfice, nuance) ont aussi augmenté. Et il existe sans doute quelques autres choses auxquelles je ne pense pas. En résumé, vous commencez à peine votre activité que l’on vous noie déjà sous les frais. À côté de ça, les auteurs traditionnellement édités – dont je fais aussi partie – payent des cotisations à l’AGESSA et n’ont plus qu’à mettre leurs droits d’auteurs dans la case traitement et salaire de leur feuille d’imposition. À l’heure où l’auto-édition est facilitée par les outils à disposition et où les auto-édités ne vendent pas forcément directement (KDP sert d’intermédiaire), à l’heure où les auto-édités se professionnalisent aussi et font travailler d’autres personnes (mon illustratrice, par exemple), je trouve honteux que l’on reste sur ce système archaïque où, d’un côté, on aurait les bons auteurs ayant eu un contrat et, de l’autre, les vilains indépendants. Certaines personnes vous diront qu’il vous suffit de mettre vos revenus d’auto-édition dans telle case de la feuille d’impôt et basta, car monsieur le percepteur leur a dit cela au téléphone, mais sachez que, hors cas très particulier, c’est faux : les impôts ne sont tout simplement pas habilités à vous renseigner sur le fonctionnement des cotisations sociales, ils ne se préoccupent que de leur crémerie… Chez les organismes chargés de récupérer lesdites cotisations, le discours est différent (sauf qu’eux ne comprennent pas pourquoi nous ne pouvons pas envoyer nos cotisations à l’AGESSA et pourquoi l’on relève d’eux !).
Bref, après avoir calculé ce que j’ai gagné avec mon livre édité traditionnellement et mon livre auto-publié, je n’ai fait aucun bénéfice sur le second.

Vous pouvez retrouver Kailyn sur : son blog | sa page Facebook | Wattpad


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