samedi 4 juin 2016

Le mois rose : #OnCauseRomance - partie 2

Le mois rose, c'est en ce moment ! L'occasion d'en savoir plus sur ce genre souvent décrié qu'est la romance, sur les envies des lecteurs en matière de scènes olé-olé et sur ce qui fait que ça fonctionne ou non.



Aujourd'hui, je continue avec ce qu'il s'est dit dans la deuxième partie de la journée du 17 avril, sur Twitter, autour du hashtag #OnCauseRomance : les clichés.

Je commencerai par un point non abordé dans la première partie, à savoir une citation de Melissa Pritchard, écrivain :
"La romance perpétue quelque chose d'un peu dangereux [...] il n'y a que l'amour parfait là-dedans."
Image idéalisée du couple, tout ça, tout ça. J'ajouterai d'ailleurs qu'il ressort de beaucoup de romances ce côté où une femme ne saurait réellement s'épanouir sans le soutien ou la présence d'un homme. On a souvent une héroïne fraîche comme la rosée du matin, dynamique, investie dans son travail (limite le cliché de la working-girl) et dès qu'elle le voit, lui, au regard souvent ténébreux, à la carrure blablabla (j'exagère à peine), tout disparaît. Adieu amies, profession intéressante/valorisante/positive et cours de yoga ! C'est LUI, l'homme de ses rêves, de sa vie et elle en bave d'envie.
Plus sérieusement, on a cette image collante de femme dépendante affectivement. Sans parler d'obsession comme certains psychologues, on peut toutefois s'interroger sur les effets à long terme de ce genre de lectures sur certaines personnes (genres confondus). Nous ne sommes pas sans savoir, en effet, que la culture joue un grand rôle dans notre rapport à la société, mais soulignons aussi que, bien souvent, l'héroïne de la romance en sort gagnante, certaines n'étant plus dépeintes comme des victimes.
À ce propos, d'ailleurs, l'une de mes followers soulignait pendant la journée #OnCauseRomance que la fanfiction se pose de manière intéressante en matière de romance : elle évolue de façon positive avec un amour triomphant, mais qui ne guérit plus forcément les cassures et imperfections ; c'est, je cite :
"Un beau progrès qu'on attend en littérature."

Puisque j'abordais l'image de la femme, passons à celle de l'homme qui pâtit, elle aussi, de clichés bien solides.
Ces messieurs n'y échappent donc pas puisqu'ils sont très souvent beaux, attirants, sûrs d'eux, avec des traits harmonieux et une bonne situation.


À quand une romance entre une danseuse étoile et un bègue, un coiffeur et une institutrice ? Les médecins, avocats, chefs d'entreprise (multimilliardaires ?), ça va bien cinq minutes. Pour épancher le besoin d'identification du lecteur (et je le répète, des hommes lisent de la romance), il faudrait sans doute mettre en avant d'autres professions, d'autres types. Idem pour les descriptions du genre "grand et blond". Un petit trapu, ça ne vient à l'esprit de personne ? Un timide maladif ? Une personne isolée ? Un geek (fonctionne aussi avec les filles) ? Ceci, bien sûr, sans entrer dans un contexte comique (je pense notamment à ces "comédies" avec une héroïne noire/forte/tout ceci en même temps). Les persos masculins manquent aussi de lunettes, et ça nous amène aux complexes. À quand un vampire complexé par ses graaandes canines ? J'exagère, mais au fond, l'idée est là.
Autre point, celui des hommes qui ne regarderaient pas une jolie femme droit dans les seins (ces messieurs ont la cervelle entre les jambes, c'est bien connu, et celui des femmes leur dégouline par les oreilles (pour ne pas dire autre chose)) dès qu'elles croisent le futur homme avec lequel elles connaîtront moult orgasmes (on y reviendra dans la dernière partie de cette série).
Je conclurai sur ce point avec le mâle alpha qui, si possible, kidnappe l'héroïne, laquelle tombe en admiration devant ses actes, sa beauté, sa force...

Pour continuer brièvement avec le mâle alpha, je parlerai de fantasme du viol. C'est très malsain et au début du XXème siècle, les éditeurs pensent que les lectrices n'acceptent de relations sexuelles hors mariage que dans un contexte de viol. On ne le considère donc pas comme un acte horrible et il traumatise rarement l'héroïne.
De ceci découle le problème de la femme-objet, le plus souvent love interest de l'histoire, et les triangles amoureux.

Malheureusement, tout ce que j'ai abordé ici et très ancré dans la romance : c'est ce qu'on appelle les codes.
J'ai lu, sur un forum :
"Si tu veux écrire une romance, je te conseillerais de ne SURTOUT PAS vouloir absolument être originale."
Ce serait le meilleur moyen de se planter. Avant de se soucier de l'originalité, il faut se soucier d'entrer dans le moule. Là, c'est surtout l'écrivain qui cause. Apparemment, pour être lu(e), il faut éviter de vouloir casser les codes. C'est dommage et puis, ce n'est pas comme si d'autres ne l'avaient pas déjà fait avant (et avec brio !). Jane Eyre de Charlotte Brontë (1847) en est un bon exemple puisqu'en combinant roman gothique et drame élisabéthain, il met en avant la flexibilité de la romance.



Pour conclure avec les clichés, je mentionnerai l'incontournable happy end qui, visiblement, serait la base. Sans lui, on aurait plutôt tendance à parler de drame.

> Lire aussi Le mois rose : #OnCauseRomance - partie 1.

On se retrouve mardi pour la partie 3 de cette série, dédiée à la réciprocité.
Je rappelle que j'aurai une annonce à vous faire dans le courant de la semaine prochaine (en lien avec le mois rose) et si vous voulez être tenu(e) au courant dès demain, la newsletter est là pour ça.







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