samedi 17 septembre 2016

Chers organisateurs de concours d'écriture (et autres spécimens)

Oui, la parenthèse est un clin d'œil à un épisode de Doctor Who (Midnight, pour celleux qui chercheraient). Et oui, on peut écrire de la SFFF/H et pondre des trucs cool.
Notez que j'aurais pu titrer cet article "Chers organisateurs de concours d'écriture en tout genre (ou pas, justement)".



D'ailleurs, tant que j'y pense, on peut même écrire de la SFFF/H cool et en indé ! J'aborde le sujet, car nombre de concours dont il est question ont pour objectif d'attirer des auto-édité(e)s vers l'édition traditionnelle, avec promesse d'exemplaires papier parce que le papier, c'est mieux vu en France que le numérique (on se demande bien pourquoi). En tant qu'auteur hybride, ça ne me tente pas du tout quand je lis que tous les genres sont acceptés sauf : la SFFF/H, la romance, la jeunesse ; bref, tout ce à quoi je touche. Pour attraper le poisson dans vos filets, il faudra repasser, les loulous.
Bref, cette histoire sent un peu le hareng et je n'ai même pas encore abordé le cas des auteurs SFFF/H en jeunesse. Ouhla, honte ultime ! Vade retro, bande de pseudo-écrivains ! La jeunesse, ce n'est même pas de la vraie littérature, d'abord. Au même titre que les genres de l'imaginaire. Pas étonnant, donc, de trouver des commentaires du genre "Bidule sort son premier roman !", alors que Bidule en a déjà sorti des tas en rayon jeunesse. Et que dire de certains éditeurs qui jouent à fond cette carte en proposant des droits d'auteur ridicules ? (Comment ça, les droits d'auteur sont ridicules, de toute façon ? Oui, bon, je pourrais écrire une tartine à ce sujet et ce n'est pas ce qui nous intéresse ici)
Les auteurs jeunesse, déjà pas les mieux lotis en édition traditionnelle, se voient fermer de nouvelles portes. Quant à la romance...
N'en déplaise à certain(e)s, oui, on peut écrire de la romance et avoir du talent. Non, la romance n'est pas réservée aux Harlequin (d'ailleurs, il y en a de très bons) et on peut même mélanger avec autre chose. Ainsi, on trouve de la romance gothique, du romantic suspens... Bref, encore un genre incompris et dont on ne veut surtout pas dans les concours d'écriture, hormis ceux qui lui sont destinés. On va finir par croire, nous autres écrivains, que la romance est un genre honteux destiné à assouvir nos fantasmes les plus profonds.
Mais alors, que nous reste-t-il, concrètement ? Le roman épistolaire, le policier/thriller, l'autofiction, le fantastique à la Truc Machin Chose, etc. ; bref, on nous orienterait plutôt, l'air de rien, vers des genres susceptibles d'assurer les arrières des éditeurs/plateformes de vente organisateurs de ces concours.
Si on regarde du côté de la SFFF/H, il est vrai que des auteurs tels que Stephen King ou J.K. Rowling sont un peu les arbres qui cachent la forêt. Il y a une impression de monopole, d'autant qu'ils sont implantés dans le milieu depuis un moment. Le souhait d'explorer d'autres genres ou de ne pas se frotter à ces mastodontes serait limite compréhensible s'il ne se dégageait pas une sorte d'hypocrisie de certaines initiatives.
Chers organisateurs de concours d'écriture (et autres spécimens), honnêtement, si vous cherchez un truc en particulier, ne dites pas que tous les genres sont acceptés. Soyez inventifs ! Nommez votre concours "À la recherche du Werber perdu", que sais-je encore, mais assumez au moins votre démarche au lieu d'appâter le chaland avec des intitulés foireux. (Accessoirement, arrêtez de prendre les écrivains pour des cons)