mercredi 19 octobre 2016

Chers organisateurs de concours (bis)

À défaut d'avoir renommé le précédent "Chers organisateurs" en "Chers organisateurs de concours d'écriture en tout genre (ou pas, justement)", je m'aperçois que j'aurais pu parler, dans celui-ci, de nourriture spirituelle parce qu'à force de prendre les auteurs pour des cons, certains eux-mêmes finissent par oublier qu'ils doivent s'alimenter.



Mais nous le savons tous, l'écrivain d'hier comme d'aujourd'hui est un grand passionné et cette passion, à défaut de remplir l'estomac, nourrit l'esprit. Ce n'est déjà pas si mal, non ?
Non.
Je ne m'étendrai pas sur la notion de métier d'écrivain, pas ici, mais plutôt sur ces auteurs (ou pseudo-auteurs) qui, à force "d'écrire pour le plaisir" (en cherchant tout de même à publier, faut pas déconner) contribuent à la précarité de la profession. C'est donc ainsi que l'on se retrouve avec des concours dont le premier prix offre une publication... dans un recueil gratuit. Oui, vous lisez bien : une publication dans un recueil gratuit à la clef pour le/la grand(e) gagnant(e). Sans doute "pour lui faire de la pub". Que demander de plus ? Parce que, précisons-le, publier c'est la consécration, peu importe de finir chez un éditeur à compte d'auteur ou chez un prestataire de services.
C'est justement là-dessus que jouent certains concours ; la volonté des auteurs (en herbe ou non) à se faire éditer est telle qu'il suffit d'enthousiasmer leur ego (sur-dimensionné pour certains). Mais alors, me demanderont quelques-uns, quel intérêt pour un éditeur à proposer ce genre de concours ?
Dans le cas qui nous intéresse, le terme éditeur est à prendre avec de gros guillemets, voire vraiment très gros puisqu'on parle surtout d'une sorte d'agent littéraire/prestataire de services. La frontière est assez floue. Quel intérêt, disions-nous ? Celui de faire cadeau d'un pack de prestations, justement, sur le roman du choix du vainqueur. Rien d'étonnant à ce que le concours ne soit pas désintéressé, mais j'avoue que l'autoédition mal déguisée me fait toujours grincer des dents.