jeudi 2 février 2017

Ces scènes que je déteste écrire - partie 1/3

Cette année, j'ai décidé de vous en dire un peu plus sur mon écriture par le biais de mes projets. En ce moment, c'est dieselpunk, alors place au sable, aux temples et aux falaises pour des batailles épiques (ou pas).



En matière d'écriture, on a tous nos rituels, nos travers et nos bêtes noires. Je crois que celles-ci sont 
les pires, bien que les deux autres se révèlent quelquefois très envahissants.
Pour ma part, trois types de scènes me posent problème en écriture et comme je sais pourquoi, je me suis dit que ça donnerait un chouette article :
  1. les batailles ;
  2. les scènes d'action ;
  3. les scènes érotiques.

Grosse épine dans le pied que d'écrire des batailles ! Pourtant, avec le dieselpunk en cours, je vais être servie. Pourquoi en prévoir, alors que je déteste ça ? Parce qu'il faut bien évoluer, pardi ! Quitter sa zone de confort, prendre des risques, surprendre. Écrire, c'est aussi s'amuser, expérimenter.
Donc, scènes de batailles à prévoir, avec moyens mis à disposition (matériels, financiers, humains...), enjeux (politiques, financiers...), pertes (humaines, terrestres...) et fracas.

Les moyens mis à disposition

Les effectifs humains et matériels sont essentiels et nécessitent de les prendre en considération minutieusement. Qui mourra, qui survivra ? Forcément, ceci impactera le reste : enjeux, relations, stratégies... Et mine de rien, impactera aussi votre écriture.
Quand je parle de moyens mis à disposition, je pense aussi à ce que l'auteur a en réserve. Comment marier le feu de l'action et les descriptions, alterner les points de vue sans altérer la qualité de l'action ni perdre le lecteur ?
Écrire une bataille revient à jongler entre le descriptif et l'émotionnel (pourquoi pas ?), en anticipant une issue ou une autre avec tout ce qu'elle implique.
Souvent, j'ai tendance à enchaîner les actes sans trop me pencher sur les autres aspects qui, pourtant, apportent une vraie plus-value au passage quand ils sont maîtrisés.
Prendre le parti de bannir l'affect pour se concentrer sur l'action peut être une façon de montrer que les personnages ne s'embarrassent pas de sentiments ou qu'ils le feront plus tard.
Pour écrire une bataille, il faut une double stratégie : celle des persos et la sienne.

La "double stratégie"

Il s'agit ici d'appréhender la moindre évolution des personnages, à l'avance, en s'établissant un plan d'action. Étant novice en la matière, j'ai eu recours à :
  • une liste individuelle de chaque perso dit décisif (à savoir, dans mon langage "écrituresque" qui aura un impact suffisant/important/primordial sur la suite) ;
  • une liste regroupant les listes individuelles (ça paraît très académique au début, mais ça m'a franchement aidée à situer les persos) ;
  • un plan de bataille : plus exactement, une photo de mon champ de bataille avec des post-it de toutes les couleurs.
J'ai aussi tâché de prendre en compte le lieu : ma bataille se déroule sur un site antique, le temple d'Hatshepsout.

📍 Temple d'Hatshepsout, Deir el-Bahari, nécropole thébaine :
On connaît surtout Hatshepsout de par son règne, à la mort de son époux, Thoutmôsis II, et la jalousie dont a fait preuve son neveu, Thoutmôsis III, avec lequel elle co-régnait sur l'Égypte.
C'est l'égyptologue Anglais John Gardner Wilkinson qui mentionne Deir el-Bahari pour la première fois, en 1837, afin de désigner une zone précise de la nécropole thébaine (Topographie de Thèbes et vue générale de l'Égypte).

 Ce que j'en ai retenu :
  • sorte d'amphithéâtre naturel (temple cerné par des falaises sur trois côtés) ;
  • possibilité de prendre de la hauteur (terrasse à colonnades) ;
  • possibilité de tendre une embuscade à l'intérieur (spéos).


🔗 Liens :

📚 Bibliographie sélective :
  • La reine mystérieuse Hatshepsout, Christiane Desroches Noblecourt, Pygmalion ;
  • Thoutmôsis III et la corégence avec Hatchepsout, Florence Maruéjol, Pygmalion.